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Moyen Orient et Monde - Russie

Medvedev fustige le totalitarisme de l’URSS et les crimes de Staline

Le président Dmitri Medvedev a fustigé hier le régime « totalitaire » de l'URSS et les crimes « impardonnables » commis par le dictateur soviétique Joseph Staline, dans un geste hautement symbolique visant à moderniser l'image de la Russie.
Dans une interview fleuve au quotidien Izvestia à deux jours de la commémoration du 65e anniversaire de la victoire sur les nazis en présence d'invités étrangers, M. Medvedev a explicitement séparé l'exploit de l'Armée rouge qui, « avec les Alliés, a libéré l'Europe » des nazis, et les méfaits de l'Union soviétique qui ont suivi. « L'Union soviétique était un État très compliqué, et pour être honnête, le régime qui a été mis en place en Union soviétique (...) ne peut être qualifié autrement que de totalitaire » où « les droits et les libertés élémentaires étaient supprimés », a-t-il déclaré. Le président russe a concédé à demi-mots que la mainmise soviétique sur l'Europe de l'Est après la victoire pouvait être mal vécue dans ces pays. « Il est insensé d'affirmer que la période de l'après-guerre n'a apporté aux pays libérés que de la prospérité », a-t-il dit. « Il faut séparer la mission de l'Armée rouge et de l'Union soviétique pendant la guerre et ce qui s'est passé après », a-t-il insisté.
Ces déclarations vont dans le même sens que les signes d'ouverture à Moscou sur le dossier de l'exécution d'officiers polonais à Katyn sur l'ordre de Staline qui empoisonnait les relations entre Moscou et Varsovie, à travers la publication d'archives sur l'Internet.
Le chef de l'État russe a également condamné une nouvelle fois les crimes staliniens, alors que la polémique faisait rage en Russie ces dernières semaines sur fond d'initiatives de certains anciens combattants et de la mairie de Moscou de glorifier le dictateur en affichant ses portraits le 9 mai. « Staline a commis une quantité de crimes contre son propre peuple. Et malgré le fait qu'il a beaucoup travaillé, malgré le fait que sous son leadership le pays a enregistré beaucoup de succès, ce qu'il a fait à son propre peuple ne peut être pardonné », a souligné M. Medvedev. Le règne de Staline fut marqué par un régime de terreur et par l'exécution sommaire ou l'envoi dans les goulags de millions de personnes. L'attitude est pourtant ambiguë à son égard en Russie où il est vu à la fois comme un tyran et comme le père de la victoire sur les nazis, et où 54 % de la population admire encore son leadership, selon un récent sondage. « Tout le monde comprend que le pays aurait pu se préparer mieux à la guerre s'il n'y avait pas eu de répressions contre les chefs militaires », a poursuivi M. Medvedev.
M. Medvedev « a fait une déclaration très forte, attendue depuis longtemps », a réagi le défenseur des droits de l'homme Lev Ponomarev, l'un des critiques les plus virulents du Kremlin. Pour le politologue Alexandre Konovalov, les déclarations de M. Medvedev, diffusées en boucle sur les principales chaînes de télévision russes, « vont contribuer à rétablir la vérité historique ». « Il s'efforce petit à petit de changer l'opinion publique », poursuit M. Konovalov de l'Institut des évaluations stratégiques, qui souligne aussi l'importance de la présence pour la première fois au défilé sur la place Rouge de soldats de pays de l'OTAN. Les déclarations de M. Medvedev « visent à améliorer l'image de la Russie. Elles sont destinées à l'Occident et aux libéraux russes, mais sans poids pour les élites russes », nuance Nikolaï Petrov, du centre Carnegie.
Le président Dmitri Medvedev a fustigé hier le régime « totalitaire » de l'URSS et les crimes « impardonnables » commis par le dictateur soviétique Joseph Staline, dans un geste hautement symbolique visant à moderniser l'image de la Russie.Dans une interview fleuve au quotidien Izvestia à deux jours de la commémoration du 65e anniversaire de la victoire sur les nazis en présence d'invités étrangers, M. Medvedev a explicitement séparé l'exploit de l'Armée rouge qui, « avec les Alliés, a libéré l'Europe » des nazis, et les méfaits de l'Union soviétique qui ont suivi. « L'Union soviétique était un État très...
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