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Liban - Situation

Le CPL réduit ses ambitions à Beyrouth à l’élection des moukhtars

Les résultats du scrutin au Mont-Liban sont sans doute pour beaucoup dans la décision du CPL de se retirer de la bataille électorale pour le conseil municipal de la capitale et de rester engagé dans celle des moukhtars.
Lâché par deux de ses alliés au sein du 8 Mars, le Tachnag et Amal, représentés tous les deux sur la liste « semi-consensuelle » formée par le 14 Mars et proclamée dans l'après-midi, à partir de Koraytem, il ne pouvait s'engager dans une bataille qu'il savait perdue d'avance.
Perdue d'avance parce que le Hezbollah a - à moins d'un changement de position d'ici à vendredi - décidé à son tour de rester neutre lors du scrutin de dimanche qui, précisons-le, se tiendra deux jours après la date-souvenir du funeste 7 Mai. Pour toutes ces considérations, l'annonce faite dans l'après-midi par le général Michel Aoun n'avait rien d'une surprise, pas plus que ses attaques directes contre le président Michel Sleiman. La position du chef du CPL a été perçue par plusieurs sources concordantes dans le cadre de la mobilisation de l'électorat aouniste pour la bataille des moukhtars.
Au cours du point de presse qu'il a tenu au terme d'une réunion de son bloc parlementaire, le chef du CPL a fait feu de tout bois alors que c'est lui qui s'est mis hors jeu en plaçant haut la barre pour ses revendications et en essayant d'entraîner sur la même voie ses alliés, pourtant favorables à un consensus à Beyrouth et pas très convaincus de l'opportunité des revendications du général Aoun.
Selon les mêmes sources, les contacts se sont intensifiés dans la nuit de lundi à mardi puis dans la matinée d'hier pour mettre la dernière main à la composition de la liste. Des réunions ont eu lieu au Grand Sérail entre les représentants du Tachnag et le Premier ministre Saad Hariri et ont débouché sur la candidature de deux représentants du parti arménien au conseil municipal : Hagop Tarazian et Serge Tchoukhadarian. Le ministre d'État aux Affaires du Parlement, Michel Pharaon, également député de Beyrouth, est entré plusieurs fois au Grand Sérail au moment des négociations.
Parallèlement, des contacts étaient entrepris par M. Hariri avec le commandement du Hezbollah et le directoire d'Amal qui a tenu une réunion en fin de matinée, avant de confirmer la candidature de son représentant, Fadi Chahrour, sur la liste beyrouthine.
Soucieux de ne pas se retrouver hors jeu lui aussi, Amal avait fait savoir au chef du gouvernement qu'il n'adopte pas les revendications du chef du CPL, qu'il reste favorable à un consensus dans la capitale, à l'image du cabinet d'entente, et qu'il soutient ses vues concernant le respect de la parité islamo-chrétienne et de la représentation des principales communautés au conseil municipal. Ce faisant, son chef, Nabih Berry, a aussi voulu montrer que c'est son mouvement qui représente les chiites de Beyrouth et qu'il n'a rien à voir dans les événements du 7 Mai. Un élément d'autant plus important que, selon certaines informations, Amal et le Hezbollah auraient tous deux eu vent des audiences accordées par le Premier ministre à des familles et des délégations beyrouthines qui lui auraient fait savoir qu'elles « se couperaient la main plutôt que de déposer dans l'urne les noms des candidats du Hezbollah ou du CPL ».
Qu'elle soit aussi crue ou pas, cette donne reste un indicateur d'un état d'esprit qui prévaut toujours dans la rue sunnite et une partie de la rue chrétienne, et qui aurait, entre autres, poussé le Hezbollah à rester neutre aux municipales de Beyrouth. Le parti de Dieu, dit-on, est soucieux de ne pas prêter le flanc à une action qui risque de susciter de nouveau une tension ou une discorde sunnito-chiite et d'ébranler la stabilité politique dans le pays au moment où les menaces israéliennes s'intensifient contre le Liban. Dans ce contexte, il devait retirer son candidat qui n'est autre que le frère de son secrétaire général adjoint, cheikh Naïm Kassem.
Quoi qu'il en soit, plus que les manœuvres opérées à la faveur des municipales, c'est l'image donnée aujourd'hui par le 8 Mars qui retient l'attention : l'image d'un rassemblement qui a perdu sa cohésion et qui apparaît pour la première fois comme étant divisé. Ces divisions ne portent pas seulement sur Beyrouth, mais s'étendent à Zahlé où le général Aoun a pris soin de préciser que l'ancien député et ministre Élias Skaff - engagé dans une bataille contre deux autres listes - n'est plus un allié mais un ami, ainsi qu'au Liban-Nord où le député Sleimane Frangié aurait pris parti, devant ses proches, en faveur du président de la République, contre le chef du CPL, qui espère aujourd'hui remporter la bataille des moukhtars à Achrafieh et Rmeil face au 14 Mars.
Les résultats du scrutin au Mont-Liban sont sans doute pour beaucoup dans la décision du CPL de se retirer de la bataille électorale pour le conseil municipal de la capitale et de rester engagé dans celle des moukhtars.Lâché par deux de ses alliés au sein du 8 Mars, le Tachnag et Amal, représentés tous les deux sur la liste « semi-consensuelle » formée par le 14 Mars et proclamée dans l'après-midi, à partir de Koraytem, il ne pouvait s'engager dans une bataille qu'il savait perdue d'avance.Perdue d'avance parce que le Hezbollah a - à moins d'un changement de position d'ici à vendredi - décidé à son tour de rester neutre lors du scrutin de dimanche qui, précisons-le, se tiendra deux...
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