Abhisit a proposé un programme en cinq points qui prévoit la garantie du respect de la monarchie, la lumière sur les violences qui ont fait 27 morts et plus de 1 000 blessés depuis le 10 avril, et une véritable amélioration de la justice sociale. « Il est temps que l'ensemble du pays bénéficie d'une éducation, de soins de santé, d'un emploi et d'un revenu », a-t-il déclaré. « Certains estiment qu'ils ont subi des injustices et ont été négligés ».
Le projet suppose aussi l'impartialité des médias thaïlandais, accusés d'avoir incité aux violences, ainsi qu'un accord sur une réforme de la Constitution.
Les « chemises rouges », manifestants au départ venus des zones rurales du nord et du nord-est du pays, mais qui ont depuis conquis une partie des masses populaires des environs de Bangkok, occupent la capitale depuis la mi-mars pour provoquer la chute du gouvernement. Retranchés dans un vaste quartier du centre-ville derrière d'immenses barricades de bambous aiguisés, ils jugent Abhisit illégitime et lui reprochent de servir les élites traditionnelles de la capitale autour du palais royal - militaires, magistrats, hommes d'affaires, hauts fonctionnaires.
Hier, les « rouges » ne montraient aucun signe de capitulation malgré la menace du gouvernement de les déloger par la force. Abhisit Vejjajiva avait mis en garde dimanche les milliers de « chemises rouges » contre des risques d'affrontements et de « pertes » si elles ne mettaient pas fin au rassemblement qui paralyse une partie de Bangkok. Les manifestants exigent un retour à l'ordre constitutionnel qui prévalait avant le coup d'État militaire de 2006 contre Thaksin Shinawatra. L'armée, omniprésente dans la politique du royaume, avait conservé le pouvoir pendant un an après le putsch et fait adopter une nouvelle Constitution.
Interrogé par l'AFP, un cadre de l'opposition a refusé de commenter ces propositions. « Nous discuterons (aujourd'hui) avant une réaction officielle, a indiqué Jatuporn Prompan. Nous pourrions avoir des propositions à faire au gouvernement. Nous pourrions ne pas tout accepter. »
Cette main tendue est la première initiative majeure vers une reprise des négociations depuis des semaines, dans un pays qui semble pouvoir à tout instant sombrer dans une grande violence. Ce week-end, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), installé à Bruxelles, avait estimé que le pays risquait de dégénérer en « guerre civile latente ».

