La marée noire dans le golfe du Mexique pourrait constituer un désastre sans précédent pour l’environnement, a déclaré le président américain Barack Obama hier lors d’un déplacement en Louisiane. « Que les choses soient bien claires : BP est responsable de cette fuite. BP paiera », a-t-il également lancé devant la presse. Larry Downing/Reuters
Le président a incriminé le britannique BP, qui exploitait la plateforme Deepwater Horizon, à environ 70 km des côtes. Le puits foré sous la plateforme fuit, lâchant chaque jour quelque 800 000 litres de pétrole en mer. « Que les choses soient bien claires : BP est responsable de cette fuite. BP paiera », a-t-il lancé devant la presse. « Mais en tant que président des États-Unis, je ne ménagerai pas mes efforts pour répondre à cette crise », a-t-il promis.
La compagnie pétrolière travaillait hier sur trois fronts pour tenter de stopper la fuite. Six robots sous-marins tentent de fermer la valve de sécurité du puits, qui pèse 450 tonnes, et la compagnie a commencé à forer des puits de secours pour réduire la pression et injecter un enduit pour colmater définitivement les fuites. La première opération a échoué pour le moment et la seconde pourrait prendre jusqu'à trois mois. BP compte donc sur la fabrication d'un énorme « couvercle » de confinement de 70 tonnes à poser sur le fond de la mer pour boucher la sortie du puits. La bonne nouvelle est venue de cette troisième opération, hier. Le président de BP America, Lamar McKay, a déclaré sur ABC que la fabrication de ce « couvercle » était quasiment terminée et qu'il « serait sans doute déployé dans six à huit jours ».
Or, le temps presse. Si la tête du puits lâche, la fuite « pourra dépasser les 16 millions de litres par jour », a averti sur CNN l'amiral Thad Allen, chargé de coordonner les opérations. Il est donc « très important de stopper cette fuite immédiatement », a-t-il lancé.
M. McKay a déclaré que l'accident de la plateforme, qui a explosé avant de sombrer, entraînant la disparition de 11 employés, était dû à « une pièce d'équipement défectueuse », mais a ajouté que les responsables de BP ignoraient la raison de ce dysfonctionnement.
Des vents forts et une mer houleuse contraignaient les bateaux à renoncer à rassembler et contenir la nappe de brut, de plus en plus importante, qui mesure plus de 200 km de long. Les avions chargés de répandre des produits chimiques dispersants étaient cloués au sol. Les dernières prévisions de l'agence gouvernementale météorologique NOAA indiquaient que le pétrole avait atteint ou était sur le point de toucher les îles de la Chandeleur, qui abritent un refuge naturel fréquenté par pélicans, sternes et pluviers siffleurs.
La marée noire « menace le mode de vie » de la Louisiane, a averti samedi le gouverneur de cet État, Bobby Jindal. Les pêcheurs, éleveurs de crevettes et ostréiculteurs de la région commençaient tout juste à se remettre du passage de l'ouragan Katrina en 2005. « Je crois que c'est la fin de notre entreprise », a déclaré samedi à l'AFP Al Sunseri, dont la société, P&J Oyster, collecte et cultive des huîtres depuis 134 ans. Le secteur des coquillages et de crustacés en Louisiane fournit un tiers de la production annuelle du pays. Ses marais côtiers, étape sur le chemin des oiseaux migrateurs, constituent aussi une réserve de faune exceptionnelle.

