Nicolas Sarkozy (à gauche) a entamé à Pékin sa deuxième visite d’État en Chine par un entretien avec son homologue chinois Hu Jintao (au centre). Il est accompagné de son épouse Carla Bruni-Sarkozy. Eric Feferberg/AFP
« Nous sommes déterminés à construire un partenariat global stratégique avec la France, qui soit durable, sain, stable et tourné vers le monde », a affirmé M. Hu lors d'une déclaration conjointe avec M. Sarkozy devant la presse à l'issue de leur entretien. De son côté, M. Sarkozy n'a eu de cesse, et dans une interview à l'agence officielle Chine nouvelle, puis lors de la déclaration commune avec son homologue chinois, d'insister sur l'importance du rôle de la Chine au plan mondial. « J'ai la conviction qu'il n'y a pas de reprise de la croissance sans la stabilité du monde et que la stabilité du monde n'est pas possible sans une implication plus forte de la Chine » sur la scène internationale, a affirmé M. Sarkozy. Selon le président français, « nous avons besoin d'une Chine qui prenne toutes ses responsabilités, toute sa place » dans le monde.
Avec ces déclarations, tant Paris que Pékin montraient leur détermination à tirer un trait sur une brouille qui a duré plusieurs mois, fin 2008 début 2009, en raison de plusieurs événements liés à la question du Tibet (flamme olympique malmenée à Paris au printemps 2008, rencontre entre M. Sarkozy et le dalaï-lama en décembre...) et qui avaient ulcéré Pékin.
Dans ce contexte apaisé, Nicolas Sarkozy a prôné la mesure sur les dossiers divisant la Chine et ses partenaires commerciaux comme la question de la sous-évaluation du yuan. « La conviction française est qu'il est parfaitement improductif de s'accuser les uns les autres. Il est beaucoup plus intelligent de préparer l'évolution nécessaire de l'ordre monétaire du XXIe siècle », a-t-il déclaré. « Nous allons travailler très en amont pour préparer la présidence française du G20 en réfléchissant à un nouvel ordre monétaire multipolaire », a affirmé M. Sarkozy, ajoutant que Paris et Pékin allaient également « réfléchir à la régulation des prix des matières premières ».
Durant leurs entretiens « approfondis », les deux chefs d'État ont passé en revue des dossiers internationaux, notamment celui du nucléaire iranien mais aussi des sujets économiques bilatéraux, comme la coopération franco-chinoise dans le domaine du nucléaire civil, avait plus tôt indiqué Nicolas Sarkozy. Alors que le premier béton du deuxième réacteur nucléaire de type EPR vendu par le français Areva à la Chine vient d'être coulé, Nicolas Sarkozy a affirmé « souhaiter que (les deux parties) puissent discuter de deux tranches supplémentaires sur le site » de Taishan, dans la province du Guangdong (Sud).
Il a précisé espérer « un accord intergouvernemental à l'automne » à ce sujet, à l'occasion de la visite prévue en France du chef de l'État chinois. Les deux réacteurs nucléaires de 3e génération ont été vendus en novembre 2007 par Areva pour 8 milliards d'euros, combustible compris.
M. Sarkozy poursuivra ses entretiens aujourd'hui avec le président de l'Assemblée populaire de Chine Wu Bangguo et demain avec le Premier ministre Wen Jiabao.

