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Municipales 2010 : l'enjeu - La Situation

Municipales : le compte à rebours a commencé

Plus civilisées que ne le pense Walid Joumblatt, qui a affirmé hier être en train de relire Ibn Khaldoun, avant de se réunir, à Khaldé, avec deux des esprits libanais les plus émancipés de tout tribalisme - Talal Arslane et Sleimane Frangié -, les municipales suivent leur petit bonhomme de chemin. Le compte à rebours a certes commencé, mais si les esprits s'échauffent dans certaines circonscriptions, aucun incident notable n'est encore venu troubler l'atmosphère d'émulation qui se manifeste dans d'autres régions. Un échauffement que ces régions ont su éviter en toute sagesse puisque, dans plusieurs fiefs électoraux du Mont-Liban, qui vote dimanche, des listes de coalition ont été formées.
Signalons à cet égard l'entretien de quatre heures qu'ont eu, à Zghorta, Sleimane Frangié et Michel Mouawad, chefs de file de deux lignes politiques diamétralement opposées. Un entretien qu'on aurait difficilement pu imaginer n'étaient les municipales.
En gros, la situation se présentait hier - du Nord au Sud - comme suit : à Jbeil, les deux principales batailles électorales seront livrées à Jbeil et Kartaba. Dans le chef-lieu du caza, la bataille opposera deux listes, l'une présidée par Jean-Louis Cardahi, appuyée par le CPL, l'autre par Ziyad Hawat, appuyé par les Kataëb et les Forces libanaises. Attaqué sur son passé de ministre loyaliste sous la présidence répressive du général Émile Lahoud, Jean-Louis Cardahi a répliqué qu'à l'époque, il était dans le même camp que l'homme qui était alors commandant en chef de l'armée et qui est aujourd'hui chef de l'État. À Kartaba, fief électoral de Farès Souhaid, deux listes sont également en présence.
Toutefois, le consensus a été entériné à Amchite, bourgade natale du chef de l'État, où le président de la municipalité actuelle, Antoine Issa, se succédera à lui-même. Annoncée hier au cours d'un meeting populaire, la liste comprendra en outre Jacques Lahoud, Barbar Khalifé, Michel Karam, Chadi Karam, Pierre Matta, Antoinette Nassif, Roméo Aouad, Youssef Lahoud, Joanne Daher, Gergès Nassour, Boutros Howayek, Marwan Hayek et Zakhia Zghandi.
Dans un mot de circonstance, M. Issa devait affirmer que « si les élections sont une expression de la démocratie, le consensus en est aussi une forme, surtout s'il a pour objectif d'unir autour d'un même programme de développement les habitants d'une même bourgade (...) sous le leadership rassembleur du chef de l'État ».
Au Kesrouan, considéré comme un des fiefs du Courant patriotique libre, la principale bataille, la plus symbolique, se déroulera à Jounieh entre une liste de coalition présidée par Antoine Frem et comprenant des candidats Kataëb, FL et CPL, et le président de la municipalité sortant, Juan Hobeiche, qui exprime la grogne de ceux qui refusent les listes « parachutées ».
Dans le Metn, les principales batailles seront livrées, sur le littoral, à Dékwaneh,Jdeidé et Sadd Bauchrieh, et en montagne, à Dhour Choueir.
Les municipales à Beyrouth continuent, elles, de faire problème. M. Michel Pharaon, qui a rendu visite hier, avec son collègue Atef Majdalani, au métropolite Élias Audi, a redit hier que les chances d'un accord entre la liste consensuelle parrainée par Saad Hariri et le Courant patriotique libre sont « minimes ».
M. Pharaon a refusé, toutefois, de préjuger des possibles résultats d'une éventuelle rencontre entre le chef du Courant du futur Saad Hariri et le général Michel Aoun. M. Pharaon a critiqué le général Aoun, qui souhaite être représenté au sein de la liste consensuelle imaginée pour la capitale, au prorata de son score aux législatives (40 % des candidats chrétiens). « Le CPL accepterait-il d'appliquer cette même règle au Metn ? » s'est-il interrogé.
Le général Michel Aoun cherche, à travers sa rencontre avec M. Hariri, à discréditer les députés chrétiens de la capitale en prouvant que la décision finale au sujet de Beyrouth ne leur revient pas, mais est entre les mains du chef de la communauté sunnite.
Hier, le CPL a avancé les candidatures de Imad Marcel Geara (maronite) et Nada Michel Atoui (évangélique) aux sièges municipaux de Beyrouth. M. Geara, note-t-on, est président du Parti républicain libanais et est le premier Libanais à avoir gagné en justice le droit de biffer la mention de l'appartenance communautaire de sa carte d'identité.
Concluons sur Zahlé, qui ne vote pas dimanche, mais où l'imbroglio municipal donne des résultats savoureux, avec un Élias Skaff qui « largue » le CPL et forme sa propre liste, sous prétexte que ses électeurs - grecs-catholiques - sont allergiques aux partis qui représentent autant de « facteurs étrangers » (entendre maronites) dans les quartiers où ils sont... minoritaires. Un comble, que seules des élections municipales pouvaient mettre en évidence.
Plus civilisées que ne le pense Walid Joumblatt, qui a affirmé hier être en train de relire Ibn Khaldoun, avant de se réunir, à Khaldé, avec deux des esprits libanais les plus émancipés de tout tribalisme - Talal Arslane et Sleimane Frangié -, les municipales suivent leur petit bonhomme de chemin. Le compte à rebours a certes commencé, mais si les esprits s'échauffent dans certaines circonscriptions, aucun incident notable n'est encore venu troubler l'atmosphère d'émulation qui se manifeste dans d'autres régions. Un échauffement que ces régions ont su éviter en toute sagesse puisque, dans plusieurs fiefs électoraux du Mont-Liban, qui vote dimanche, des listes de coalition ont été...