M. Sleiman visitant les archives nationales de Rio de Janeiro, hier. Photo Dalati et Nohra
Pour sa part, le conseiller du président aux affaires économiques, Chadi Karam, a relevé que les négociations qui ont eu lieu entre le chef de l'État et les hommes d'affaires d'origine libanaise préluderont sans aucun doute à une nouvelle phase de coopération entre les deux pays, car le Brésil ,« qui est à la porte de l'Amérique latine », a-t-il dit, comporte un marché en pleine expansion. « Le Liban peut à son tour devenir la porte du Brésil au Proche-Orient en attirant suffisamment de capitaux et d'investissements effectués par les membres de la diaspora libanaise qui peuvent constituer un pilier important de la croissance économique au pays du Cèdre », a-t-il ajouté.
Notons au passage que le chef de l'État a été accompagné lors de son voyage entre Brasilia et São Paolo par des hommes d'affaires libanais et par l'évêque maronite de São Paolo qui l'ont suivi jusqu'à Rio de Janeiro. Le président Sleiman a d'ailleurs profité de l'occasion pour les inviter à venir visiter le Liban, insistant auprès d'eux pour qu'ils se déclarent ainsi que leurs enfants en tant que libanais afin qu'ils soient prêts le moment où la loi sur la récupération de la nationalité libanaise sera finalisée.
Aux membres de la communauté libanaise de Rio de Janeiro qu'il a rencontrés, M. Sleiman a rappelé que le Liban, qui a été élu ainsi que le Brésil comme membre non permanent au sein du Conseil de sécurité, œuvrera à défendre ses causes de manière à récupérer son rôle d'avant-garde au Proche-Orient. Après avoir passé en revue la situation politique, sécuritaire et économique du Liban, le chef de l'État a appelé les émigrés libanais à retourner dans leur pays d'origine pour contribuer à sa croissance, tout comme l'avaient fait leurs ancêtres en venant au Brésil.
« Je sais que vous avez des requêtes et je me suis engagé dans mon discours d'investiture ainsi que dans la déclaration ministérielle à accorder en 2013 le droit de vote aux émigrés là où ils se trouvent ainsi que le droit de récupérer leur nationalité », a-t-il rappelé. Et d'insister sur la nécessité pour tous les émigrés et leurs enfants de se déclarer en tant que libanais car, a-t-il dit, « vous avez plus droit que d'autres à la nationalité ».
M. Sleiman a par ailleurs conseillé aux membres de la diaspora de ne pas permettre aux associations et organisations qui les représentent « de se diviser entre elles ou de rester divisées » car, a-t-il dit, « je suis déterminé à les unir et n'ouvrirai les portes de Baabda qu'aux organisations unifiées, notamment à l'ULCM (l'Union libanaise culturelle mondiale), dont on nous a annoncé l'unification en septembre ou novembre prochain ».
Et d'insister : « Ne laissez le confessionnalisme avoir aucune emprise sur vous, car l'ennemi voudrait bien prouver que les nations ne peuvent être édifiées grâce au pluralisme, mais nous voulons démontrer le contraire justement. » « Au moment où Israël est en train de transformer les lieux saints palestiniens, chrétiens et musulmans, en sites historiques, le Liban a déclaré le 25 avril Journée de l'Annonciation pour les chrétiens et les musulmans, une occasion qui a été célébrée aujourd'hui même (dimanche) à l'église de São Paolo en présence de représentants religieux des deux communautés », a-t-il indiqué.

