La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a indiqué « croiser les doigts » pour obtenir un premier feu vert de principe à la création du « Service d'action extérieure » de l'UE (SEAE), qui regroupera des milliers de fonctionnaires à Bruxelles et dans les 136 délégations européennes de par le monde. « Plus tôt nous avancerons, plus tôt nous le mettrons en place », a souligné Mme Ashton à l'occasion d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg.
Le projet, né du traité de Lisbonne, fait l'objet d'intenses tractations en coulisses sur sa structure, son mode de fonctionnement et ses principaux postes, entre les 27, la Commission de Bruxelles et le Parlement européen. Si le Français Bernard Kouchner s'est dit « confiant (qu') il y aura un accord », trop d'inconnues demeurent, a relevé à son arrivée son homologue italien Franco Frattini. « Je ne suis pas en mesure de donner un feu vert à la proposition parce que je ne connais pas encore d'importants détails », a prévenu M. Frattini, citant pêle-mêle l'organigramme, la question des nominations aux postes-clés, ou celle des « chaînes de commandement » du dispositif inédit. Un autre haut responsable européen a jugé que les chances d'accord étaient « autour de 50/50 ».
La direction du service au-dessous de Mme Ashton notamment fait débat. Certains États souhaitent un secrétaire général fort, dont la France qui milite pour que le poste revienne à son actuel ambassadeur à Washington, Pierre Vimont. Mais Mme Ashton redoute d'être entourée de personnalités trop fortes, a estimé un diplomate européen. Et depuis quelques jours, elle penche plutôt pour « une direction collégiale » de trois personnes, quitte à ce que l'une d'entre elles reste une sorte de « primus inter pares », indique son entourage.
Autre sujet d'inquiétude pour les États : la part que représenteront leurs diplomates nationaux dans le SEAE. Alors qu'ils sont « très attachés » à fournir un tiers des effectifs du SEAE, le nombre exact des personnels du Conseil et de la Commission reste encore flou, déplore un diplomate. En outre, « plusieurs ministres reprochent à Mme Ashton de ne pas prendre assez au sérieux les objections du Parlement européen », souligne un autre diplomate.

