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Moyen Orient et Monde - Espagne

La rue se mobilise en faveur du juge Garzon

Le magistrat est poursuivi par le Tribunal suprême pour avoir voulu enquêter sur les disparus de la répression franquiste, enfreignant la loi d'amnistie générale.
Des manifestations de soutien au juge Garzon, accusé d'avoir voulu enquêter sur les crimes amnistiés du franquisme, ont été organisées samedi dans plusieurs villes d'Espagne. Des manifestations ont rassemblé plusieurs centaines de personnes à la mi-journée à Jaen (Sud), Valence (Est) et Las Palmas, aux Canaries, sous les slogans « contre l'impunité du franquisme » et « contre la criminalisation de Garzon ». Des mobilisations ont également eu lieu dans une vingtaine de villes en Espagne ainsi qu'à l'étranger, à Paris, Londres, Lisbonne, Buenos Aires et Mexico, selon l'édition en ligne d'El Pais. La plus importante s'est tenue à Madrid en fin d'après-midi et s'est conclue par la lecture d'un manifeste par le cinéaste Pedro Almodovar, l'écrivaine Almudena Grandes et le poète communiste Marcos Ana.
Ces rassemblements ont été organisés par « un groupe de citoyens qui luttent pour la justice » qui se disent étrangers à la politique et se sont beaucoup servis des réseaux sociaux comme Facebook pour mobiliser. Un des organisateurs, Toni Garcia, a souligné samedi la nécessité d'éliminer la loi d'amnistie de 1977, disposition « injuste et ridicule » qui « empêche d'enquêter sur des crimes contre l'humanité » de la guerre civile (1936-39) et de la dictature franquiste (1939-1975).
Le juge Garzon a reçu le soutien remarqué de l'ex-chef de gouvernement socialiste Felipe Gonzalez que le magistrat avait pourtant mis gravement en cause avec son enquête dans les années 90 sur les Gal, organisation parapolicière responsable de l'assassinat d'indépendantistes basques. M. Gonzalez a qualifié vendredi « d'injuste et inexplicable » le futur procès contre Garzon, ajoutant : « Vous savez que je n'ai pas une relation privilégiée avec M. Garzon et peut-être que cela donne plus de poids à mes mots. »
À Madrid, une « contre-manifestation » s'est déroulée en fin d'après-midi à l'appel du parti d'extrême droite « La Phalange » pour « défendre l'honneur » de ceux qui ont « souffert la répression et l'assassinat par ceux de la IIe République » espagnole (1931-36).
Ces mobilisations interviennent alors que le juge Garzon a décidé de contre-attaquer, mettant directement en cause le juge du Tribunal suprême Luciano Varela qui veut le juger. Garzon a demandé la récusation du juge Varela, estimant que ce dernier a manifesté son « intérêt indirect » et sa « partialité » dans cette affaire, selon l'acte officiel de demande de récusation. Le juge Garzon est poursuivi par le Tribunal suprême pour avoir voulu, pour la première fois en Espagne, enquêter sur les disparus de la guerre civile et de la répression franquiste, en enfreignant, « sciemment » selon l'accusation, la loi d'amnistie générale votée en 1977, deux ans après la mort de Franco. Il risque une peine de 20 ans d'inhabilitation professionnelle, mais il a fait appel de son renvoi pour jugement.
Des manifestations de soutien au juge Garzon, accusé d'avoir voulu enquêter sur les crimes amnistiés du franquisme, ont été organisées samedi dans plusieurs villes d'Espagne. Des manifestations ont rassemblé plusieurs centaines de personnes à la mi-journée à Jaen (Sud), Valence (Est) et Las Palmas, aux Canaries, sous les slogans « contre l'impunité du franquisme » et « contre la criminalisation de Garzon ». Des mobilisations ont également eu lieu dans une vingtaine de villes en Espagne ainsi qu'à l'étranger, à Paris, Londres, Lisbonne, Buenos Aires et Mexico, selon l'édition en ligne d'El Pais. La plus importante s'est tenue à Madrid en fin d'après-midi et s'est conclue...
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