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Culture - Festival Bipod

Appelez-moi La Ribot

« Llámame mariachi » a été présenté au théâtre al-Madina par Maria La Ribot. Une performance qui oscille entre la danse, le « live art » et la vidéo. Un univers à part que cette artiste pluridisciplinaire a réussi à créer. Pour le plaisir d'un public ravi de la rencontrer.

Par instants, les femmes jettent les livres, font voler les papiers...(DR)

«Appelez-moi Mariachi», c'est ainsi que s'intitule en français ce spectacle qui se divise en deux temps. D'abord, dix-sept minutes de vidéo tournée caméra à l'épaule, qui invite le regard à explorer un espace à multiples perspectives, dont les plans s'aplatissent soudain pour ne mettre à nu qu'un envers du décor sans aspérités. Dans ces instants du quotidien qui se mêlent parfois à des extraits de films célèbres, ce sont les jambes et plus précisément les pieds qui arpentent les lieux en décrivant à leur manière des circonvolutions et des courbes à tout comme la danse. «Avec Mariachi, le corps prend beaucoup de place, dit La Ribot, c'est lui qui va faire le lien entre la vidéo et la scène.» Mais les jambes ne sont pas les seules lancées à la découverte de l'espace, il y a aussi ces mains qui palpent, tâtent et caressent les murs ou les textures. Ces images qui vacillent ont la bougeotte, mais elles planent également tout comme ce corps suspendu au-dessus du sol.

Un humour décalé
Si elle a reçu une formation classique, Maria La Ribot a su néanmoins bouleverser les codes de la danse et de l'art chorégraphique, et briser les carcans pour s'inventer un monde nouveau. D'abord en Espagne puis en Europe. Pour cette artiste espagnole (atypique) installée en Grande-Bretagne pendant dix ans et désormais en Suisse, ses travaux sont une perpétuelle recherche de l'art conceptuel. Un art hybride qui se nourrit des différentes disciplines artistiques contemporaines et naît souvent d'une idée pour se répandre en différentes formes.
Ne pas essayer de trouver un message ni de réagir avec des a priori, mais se laisser emporter par cette création et cet univers ludique. Car la suite du spectacle est encore plus drôle, plus excentrique, plus déjantée. Trois femmes s'installent devant une grande table recouverte d'objets divers qu'on a aperçus au préalable dans le film (trompette, revolver, gâteau aux fraises, ou posters et livres).
Marie-Caroline Hominal (danseuse régulière de la compagnie de Gilles Jobin) et Delphine Rosay entourent la chorégraphe madrilène. Leurs mouvements au ralenti, leurs lectures à haute voix de textes absurdes sans lien aucun, leurs chutes et faux pas (chères à La Ribot) finissent par installer une complicité qu'on a quand même devinée auparavant. Par instants, les femmes jettent les livres, font voler les papiers avec une nonchalance hilarante, décident de sortir mais retournent sur leurs pas. Il ne faut pas chercher à comprendre le pourquoi de leurs gestes ou leur finalité, mais le comment. Car ces actions plus qu'ordinaires et qui n'ont rien de spectaculaire, ces chuchotements et ces regards toisés ne sont finalement que gestes chorégraphiés et élaborés avec justesse et précision. Le va-et-vient des danseuses perchées sur leurs hauts talons fait penser à cette phrase tirée de l'œuvre de François Truffaut L'homme qui aimait les femmes : «Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.» Ce soir, les jambes de ces trois artistes féminines ont tracé comme un arc de cercle entre les diverses figures d'art. Un tracé servi avec humour et dérision.
«Appelez-moi Mariachi», c'est ainsi que s'intitule en français ce spectacle qui se divise en deux temps. D'abord, dix-sept minutes de vidéo tournée caméra à l'épaule, qui invite le regard à explorer un espace à multiples perspectives, dont les plans s'aplatissent soudain pour ne mettre à nu qu'un envers du décor sans aspérités. Dans ces instants du quotidien qui se mêlent parfois à des extraits de films célèbres, ce sont les jambes et plus précisément les pieds qui arpentent les lieux en décrivant à leur manière des circonvolutions et des courbes à tout comme la danse. «Avec Mariachi, le corps prend beaucoup de place, dit La Ribot, c'est lui qui va faire le lien entre...
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