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Liban

Au BIEL, un pas en avant ou cinq en arrière ?

L'ancien bâtonnier de l'ordre des avocats Chakib Cortbawi a eu la définition la plus juste : « Nous nous sommes battus pour avoir une ambassade de Syrie au Liban, comme un signe de la reconnaissance de l'indépendance des deux pays et de l'établissement de relations d'État à État entre eux. C'est donc la moindre des choses que d'assister à la réception organisée à l'occasion de la fête nationale syrienne. » La plus grande partie de la classe politique a donc répondu à l'invitation de l'ambassadeur Ali Abdel Karim Ali et de son épouse, faisant la file à l'entrée du Pavillon royal du BIEL pendant des minutes, voire des quarts d'heure. Le premier arrivé, qui a d'ailleurs fait l'événement pendant la première partie de la réception, était le député et ancien ministre Marwan Hamadé, qui a aussi posé devant les caméras nombreuses des télévisions en grande conversation avec l'ancien ministre très baassiste Fayez Chokr. Ce dernier a d'ailleurs raconté par la suite son « aimable échange » avec Hamadé, affirmant lui avoir dit combien il est heureux de le voir « revenir dans ce camp » et selon lui, Hamadé aurait répondu : « Mais je ne suis jamais vraiment parti... ». Le député Hamadé a toutefois déclaré devant la presse qu'en se rendant à cette réception, il a répondu à une invitation très chère, pour célébrer la fête nationale syrienne, rappelant que le Liban et la Syrie ont lutté longtemps pour obtenir le retrait des troupes mandataires de leurs territoires...
Hamadé n'était pas, ce soir-là, le seul à faire des prouesses relevant du grand écart. Le ministre Ibrahim Najjar, les députés Georges Adwane et Antoine Zahra, membres du bloc parlementaire des Forces libanaises, le député Kataëb Fadi Habre, le député Mohammad Kabbani et bien d'autres avaient fait le déplacement dans un climat de retrouvailles assez détendu. Habre a d'ailleurs bien précisé aux journalistes qu'il était là en tant que représentant du président Amine Gemayel et que sa présence était destinée à confirmer l'importance des bonnes relations entre le Liban et la Syrie.
Le début de la réception était fixé à 19 heures, mais les invités ont commencé à affluer avant le rendez-vous officiel et à 20h30, ils continuaient encore à arriver. Walid Joumblatt, venu à la tête d'une importante délégation comprenant son épouse Nora, mais aussi le vice-président de son parti Doreid Yaghi, les ministres Ghazi Aridi et Waël Bou Faour et des cadres du parti, a fait la file un peu comme tout le monde, alors que la délégation du Hezbollah, présidée par Mohammad Raad, a eu droit à « une voie de passage militaire » par la seconde porte, privilège de la résistance oblige... Le président de la Chambre Nabih Berry, venu en personne, ce qui est rare dans une réception diplomatique où en général les responsables envoient des représentants, est entré, lui, par la porte arrière. Le chef de l'État s'était fait représenter par le ministre des AE Ali Chami, à peine rentré de Téhéran, et le Premier ministre avait envoyé l'ancien ministre Adnane Kassar pour le représenter. Le ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud ne représentait que lui-même et il était très sollicité par les invités désireux de s'informer des mesures prises pour l'organisation des élections municipales. Le commandement de l'armée et celui des FSI avaient aussi envoyé des représentants, alors que les diplomates occidentaux étaient présents en grand nombre. Pour ne citer que quelques-uns, les ambassadeurs d'Espagne, de Belgique, de Roumanie et de Grèce, sans oublier l'ambassadeur de Chine et celui d'Égypte. Il était en tout cas impossible d'apercevoir tout le monde, tant les invités étaient nombreux. Vedette des journalistes, l'ancien ministre Michel Samaha commentait la situation, alors que le député Walid Khoury préférait évoquer les municipales et l'accord conclu à Amchit qui a permis d'éviter une bataille qui aurait fait du mal à toutes les parties concernées.
Alors que les boissons alcoolisées circulaient à gogo et que les invités se régalaient de « barazis », une délégation d'ulémas sunnites s'est retirée dans un coin de la grande salle pour faire la prière du soir. Bref, ce soir-là, au BIEL, c'était le Liban dans toute sa diversité qui a choisi de célébrer la fête nationale syrienne, pour la première fois d'une façon aussi officielle et conviviale. C'est d'ailleurs la première fois qu'une réception diplomatique attire autant de monde, appartenant à tous les bords politiques et confessionnels. Outre les traditionnels alliés des Syriens, il y avait donc les nouveaux et ceux qui ne le sont pas encore ou même qui ne le seront jamais. Il y avait aussi des journalistes qui n'avaient pas épargné la Syrie au cours des dernières années, mais aussi des hommes de lettres et des artistes comme Wadih Safi et Ragheb Alamé... À l'heure où la délégation « technique » libanaise poursuit ses entretiens préparatoires avec ses partenaires syriens, la réception du BIEL pourrait être le symbole d'une nouvelle page dans les relations libano-syriennes sous le signe du respect mutuel. À moins qu'elle ne soit un retour vers le passé avec les « nostalgiques de la tutelle », mais une tutelle new look...
L'ancien bâtonnier de l'ordre des avocats Chakib Cortbawi a eu la définition la plus juste : « Nous nous sommes battus pour avoir une ambassade de Syrie au Liban, comme un signe de la reconnaissance de l'indépendance des deux pays et de l'établissement de relations d'État à État entre eux. C'est donc la moindre des choses que d'assister à la réception organisée à l'occasion de la fête nationale syrienne. » La plus grande partie de la classe politique a donc répondu à l'invitation de l'ambassadeur Ali Abdel Karim Ali et de son épouse, faisant la file à l'entrée du Pavillon royal du BIEL pendant des minutes, voire des quarts d'heure. Le premier arrivé, qui a d'ailleurs fait...
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