Prenant la parole lors de la cérémonie d'ouverture des réunions, M. Oghassabian a affirmé que l'objectif de la visite de la délégation libanaise est de se pencher principalement sur les dossiers de coopération entre les deux pays et les moyens de les dynamiser, plus spécifiquement sur le plan des « accords et mémorandums et protocoles d'accords ». Il s'est dit « heureux de se trouver à Damas, conformément aux directives du Premier ministre Saad Hariri, afin d'examiner les moyens de faire évoluer les relations entre le Liban et la Syrie ». « Nous sommes conscients que cette réunion nous permettra surtout d'échanger nos idées et de faire des propositions concernant de nombreux dossiers importants pour nos deux pays », a-t-il ajouté avant de souhaiter que ces travaux puissent amorcer une période économique prospère entre les deux pays. Cet objectif est également à la portée « du secteur privé dans nos pays respectifs » qui peut jouer un rôle de premier plan, a noté le ministre. Mettant en relief le développement international sur le plan économique, il a souligné que « les relations entre nos deux pays doivent prendre en considération ces évolutions externes » mais aussi internes pour être en phase avec « les défis de l'avenir ».
Il faut déterminer quels accords ont besoin d'être renouvelés, discuter de futurs accords et s'entendre sur les sujets qui seront prioritaires lors de la réunion qui aura lieu à Damas entre Saad Hariri et le président syrien, Bachar el-Assad, a aussi affirmé M. Oghassabian.
Le ministre et chef de la Commission du plan Hosni Loutfi a de son côté souhaité que les parties puissent « ensemble » réussir la mission qui leur est impartie. Il a lui aussi choisi de mettre l'accent sur les « grandes transformations économiques » au niveau mondial et local, mettant en relief dans ce cadre « la grande zone économique arabe ».
Le président du Conseil supérieur libano-syrien, Nasri Khoury, a quant à lui mis en exergue la teneur du traité de fraternité et de coopération signé par les deux pays qui crée une panoplie d'« institutions communes chapeautées par le Conseil supérieur, lequel est présidé par les présidents de la République respectifs de chaque pays ». « Le traité de fraternité et de coopération a tracé le cadre de la coopération entre le Liban et la Syrie » dans les divers domaines, a-t-il ajouté, et « la réunion d'aujourd'hui (hier) regroupe un grand nombre de représentants des ministères concernés par les divers dossiers qui nécessitent d'être examinés par les deux parties et représente une étape préparatoire à la visite du président Hariri ». « De même que la réunion du comité de suivi permettra de donner des résultats permettant aux relations fraternelles entre les deux pays d'aller de l'avant et d'ôter le nuage noir qui pesait sur ces relations à un moment donné », a noté M. Khoury.
En marge de la réunion des deux délégations, le ministre Jean Oghassabian s'est par ailleurs entretenu avec le Premier ministre syrien Nagi Otri en présence de l'ambassadeur du Liban à Damas, Michel Khoury, et du ministre syrien Hosni Loutfi.
Réactions
Signalons dans ce cadre qu'une réunion préparatoire présidée par Jean Oghassabian a eu lieu hier matin au Sérail et a servi à mettre la dernière main aux dossiers qui devaient être abordés par la délégation une fois en Syrie. Le député Dory Chamoun a sur ce plan affirmé que la visite des hauts fonctionnaires libanais est à placer « dans le cadre de la redynamisation des relations entre les deux pays » tout en souhaitant que « la partie syrienne puisse adopter l'attitude positive nécessaire ». « Il est temps que les relations redeviennent normales entre les deux pays », a ajouté M. Chamoun qui a relevé que certains dossiers nécessitent d'être révisés, comme celui du fleuve Assi. « Le Liban profite à hauteur de 40 % de ce fleuve, la Syrie de 60 % alors que les frais sont partagés à moitié entre les deux pays. » Le député Ammar Houry a quant à lui estimé que l'importance de la délégation libanaise « laisse clairement transparaître le sérieux qui prévaut dans l'examen de ces dossiers ». « Cette visite en Syrie a un caractère purement technique », a-t-il également précisé.

