Sebastian Vettel et Michael Schumacher ont conquis des victoires marquantes à Shanghai, mais il y a plus de chances que le champagne coule à flots pour le cadet que pour l’aîné des deux Allemands dimanche après le Grand Prix de Chine de formule 1. En 2009, Vettel, surnommé « Baby Schumi » pour des raisons évidentes, a apporté à son écurie Red Bull la première victoire de son existence à Shanghai à l’issue d’une course époustouflante de maîtrise sous la pluie pour un pilote alors seulement âgé de 21 ans. S’il remporte dimanche un second succès de rang deux semaines après celui en Malaisie, l’Allemand prendra les commandes du championnat du monde. Photo Bazuki Muhammad/Reuters
Le GP d'Espagne, le 9 mai, ne devrait cette année pas déroger pas à la règle. Une redistribution des cartes pourrait y intervenir.
Et Red Bull qui, bien qu'ayant la meilleure voiture, n'a gagné qu'à Sepang, pourrait bien regretter d'avoir dilapidé sur problèmes techniques son avantage à Melbourne et Sakhir (Bahreïn). « Nous ne menons aucun des deux championnats en ce moment. Nous chassons plutôt que nous sommes chassés », reconnaît Christian Horner, le patron de l'écurie, interrogé par l'AFP. Actuellement, Red Bull pointe au 3e rang chez les constructeurs, la même place qu'occupe Sebastian Vettel chez les pilotes. « Si on regarde le classement, il n'y a pas d'écart (favorable). Nous sommes derrière. Nous ne précédons pas les autres, nous devons les rattraper », renchérit le pilote allemand, vainqueur en Chine en 2009. Et de poursuivre : « Nous y arriverons si nous continuons comme lors de la dernière course. »
Pour gagner à Shanghai, Red Bull doit « se concentrer sur ses propres performances et améliorations », analyse Horner. « Ici, elles seront petites. À Barcelone, Monaco et en Turquie, il y en aura d'autres. Il faut maximiser notre voiture, continuer à pousser. On ne peut pas contrôler ce que les autres font. »
« Rester devant »
Ferrari, qui domine les deux championnats (Felipe Massa est leader chez les pilotes) présentera ainsi une monoplace modifiée de manière « importante » en Chine, selon Fernando Alonso, qui, taquin, pronostique : « Peut-être que la Malaisie sera la dernière fois que Red Bull domine... »
Après la Chine, le lot de modifications qu'apportera Barcelone ne changera toutefois pas « la physionomie du championnat, observe l'Espagnol. Nous verrons de grandes évolutions en Europe de toutes les équipes. Mais les voitures resteront plus ou moins aux mêmes positions ». « Certaines écuries s'amélioreront de 0,3 sec au tour, d'autres de 0,4 sec, mais les rangs sur la grille resteront les mêmes. Je m'attends à ce que Red Bull reste très forte toute la saison, pas seulement au début du championnat », ajoute-t-il. De mauvais augure pour Ferrari ?
« En ce moment, on est devant eux. Donc la domination n'est pas si claire », tranche le double champion du monde (2005 et 2006). Mark Webber, l'autre pilote Red Bull, en est moins sûr.
L'Australien est affirmatif : son écurie restera au sommet toute la saison. « Gagner est toujours difficile, mais nous n'avons pas l'intention de glisser à l'arrière en cours de saison. Nous voulons rester devant », assène-t-il. La concurrence « pourrait (réduire l'écart), mais peut-être pas », constate Webber. « L'an passé, nous avons très bien développé notre voiture au cours de l'année. Nous avons gagné des courses au début comme à la fin de la saison. Il n'y a pas de raison qu'on ne soit pas bon cette année. » Pour l'Australien, le GP de Chine n'est en ce sens « pas vraiment » crucial. La confiance, qu'on se le dise, n'a pas quitté le camp britannique, loin s'en faut.

