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Sport - Ligue 1

Bordeaux, la tête ailleurs

Éliminés de la Ligue des champions, distancés dans la course au titre et accrochés désormais dans celle à l'Europe, les Girondins de Bordeaux ont lâché mentalement au moment le plus intense de la saison, et peuvent craindre une saison blanche s'ils ne relèvent pas la tête.

Il y a un mois, Bordeaux jouait encore sur 3 tableaux. Depuis, les Girondins ont été éliminés de la C1, de la Coupe de la Ligue, et ils ont passé de la première à la cinquième place du championnat.Jean François Monier/AFP

Il n'y avait qu'à voir la détresse de Cédric Carrasso, le gardien bordelais, après la défaite concédée mercredi soir au Mans (1-2) en match en retard, la 5e sur les six derniers matches toutes compétitions confondues, pour comprendre l'abattement qui affecte les champions de France en titre.
« En ce moment, ça tourne à l'envers. Dans le football, tu n'as que ce que tu mérites. Moi je souffre énormément ce soir. Je ne suis pas quelqu'un qui sait cacher ses émotions et je suis déçu », confiait-il.
Au coup de sifflet final, certains Bordelais se sont effondrés sur la pelouse. La plupart n'ont pas traîné sur le terrain, rentrant tête basse vers les vestiaires.
Un peu plus tard, en conférence de presse, leur entraîneur Laurent Blanc est apparu profondément agacé par leur comportement. Toujours aussi posé dans son analyse, le technicien n'a pas mâché ses mots.
« Il y a beaucoup de gens qui pensaient ne pas avoir beaucoup de temps de jeu », a-t-il avancé. « On leur donne la possibilité d'avoir du temps de jeu, mais ça ne suffit pas. Mentalement, je pense qu'ils ne sont pas prêts pour assumer cette période là. »
Même si Bordeaux a joué beaucoup de matches cette saison, le problème ne semble pas être d'ordre physique, comme l'indique Blanc.
« Ce sont les mêmes joueurs qui ont fait la première partie de saison qu'on connaît. Mais là, des erreurs individuelles mettent le collectif en danger et après, on n'est pas capable de réagir car mentalement, on n'en est plus capable. Dès qu'il nous arrive un coup dur, on abandonne », constate-t-il.

« On va changer de tactique »
Un relâchement mental, fruit sans doute d'une amère élimination en Ligue des champions contre Lyon, que Blanc n'apprécie pas du tout.
« Ça fait quelques matches, je l'ai dit, que les joueurs me déçoivent. Ils en ont envie, mais le moteur c'est là (il montre la tête), donc on va changer de tactique », a poursuivi Blanc.
Le « Président » a même parlé d'un « électrochoc » nécessaire, et ce dès le prochain match, très difficile samedi contre... Lyon.
À cette occasion, le Cévenol pourrait décider d'aligner une formation totalement chamboulée, malgré l'enjeu très important de la rencontre.
« On va mettre des gens frais et insouciants, ça veut dire des jeunes. Vous verrez lesquels, mais je ne serai pas plus déçu que je le suis des joueurs ce soir », a-t-il avoué.
Confronté à l'absence jusqu'à la fin de saison de Fernando, et aux blessures de Planus (de nouveau touché mercredi), Ramé, Carrasso ou Diarra, l'entraîneur bordelais sait pourtant que sa marge de manœuvre reste étroite.
Mais la peur du vide et de la saison blanche est là.
« Oui, on peut être inquiet pour la qualification européenne. On avait une opportunité qui s'offrait à nous. On ne l'a pas fait, ça veut dire qu'on est mauvais », constate-t-il amer.
« La fin de saison va être longue, c'est pour ça que, quitte à être longue, on va mettre des jeunes qui vont au moins, je l'espère, m'apporter la satisfaction de jouer, et ce, dès le match de Lyon. » 
Il n'y avait qu'à voir la détresse de Cédric Carrasso, le gardien bordelais, après la défaite concédée mercredi soir au Mans (1-2) en match en retard, la 5e sur les six derniers matches toutes compétitions confondues, pour comprendre l'abattement qui affecte les champions de France en titre.« En ce moment, ça tourne à l'envers. Dans le football, tu n'as que ce que tu mérites. Moi je souffre énormément ce soir. Je ne suis pas quelqu'un qui sait cacher ses émotions et je suis déçu », confiait-il.Au coup de sifflet final, certains Bordelais se sont effondrés sur la pelouse. La plupart n'ont pas traîné sur le terrain, rentrant tête basse vers les vestiaires.Un peu plus tard, en...
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