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Moyen Orient et Monde - Volcan

Chaos de cendres dans le ciel européen

Le trafic aérien au Royaume-Uni, en Scandinavie et au Bénélux a été totalement suspendu ; les perturbations vont durer pendant encore au moins deux jours, selon diverses autorités.

Les cendres volcaniques entraînent une réduction de la visibilité, mais peuvent également endommager les moteurs des avions.Icelandic Coast Guard/Arni Saeberg/Ho/Reuters

« Je n'ai jamais rien vu de
pareil ! » s'exclame Vilhjalmur Eyjolfsson, un fermier islandais de 86 ans, dont les terres voisines du glacier Eyjafjallajokull, sous lequel l'éruption volcanique s'est déclenchée mercredi, ont été recouvertes d'une épaisse couche de cendres grises. « Il fait sombre partout, même si quelques traits de lumière parviennent à passer », explique à l'AFP cet agriculteur du sud islandais. « Il y a de la cendre grise partout, c'est comme une épaisse neige de cendres. » Pour la première fois depuis 1918 et l'éruption d'un autre volcan, Katla, les cendres volcaniques pleuvent sur son village.

Vols annulés
L'éruption, la deuxième dans l'île volcanique en moins d'un mois, a semé la pagaille un peu partout dans les aéroports en Europe, principalement au Royaume-Uni, en Scandinavie et au Bénélux, où le trafic aérien a été totalement suspendu. En France, au moins 25 aéroports ont été fermés hier soir. De son côté, la compagnie Air France a annulé tous ses vols au départ et à destination de Paris ce matin. Les cendres crachées par les volcans constituent un risque majeur pour l'aviation, car elles peuvent endommager les moteurs d'avions et réduire à néant la visibilité. Au cours des vingt dernières années, 80 cas d'avions pris dans des nuages de particules volcaniques ont été recensés : les cendres ont failli entraîner la perte de deux Boeing 747, avec près de 500 personnes à leur bord, et ont endommagé vingt autres appareils, avec des coûts de réparation atteignant des centaines de millions de dollars, selon des experts.
Le gigantesque nuage de fumées, poussé par les vents sur le nord de l'Europe, devrait créer des perturbations aériennes pendant encore au moins deux jours, selon diverses autorités. Mais l'éruption, elle, pourrait durer au moins plusieurs semaines, soulignent les experts. « C'est extrêmement variable, cela peut aller de plusieurs jours à plus d'un an. Mais si l'on en juge par l'intensité de cette éruption, cela pourrait durer longtemps », a déclaré à l'AFP Magnus Tumi Gudmunsson, un professeur islandais de géophysique. « Il y a un siècle, une éruption a duré toute une année, donc ça peut être aussi long que ça », souligne Thorsteinn Jonsson, prévisionniste à l'Institut météorologique islandais. « Cela peut aussi se calmer en deux ou trois semaines, comme cela a été le cas avec d'autres éruptions. »
Paradoxalement, l'Islande est ressortie plutôt épargnée par le chaos aérien, les fumées volcaniques fuyant l'île vers le sud-est et le continent européen. « Les vents vont passer au nord durant le week-end, ce qui devrait pousser les nuages plus au sud. Donc la situation devrait s'améliorer en Scandinavie mais les problèmes devraient persister en Grande-Bretagne et en Irlande ce week-end », selon Thorsteinn Jonsson.
Outre ce nuage volcanique et ses perturbations sans précédent en Europe, l'éruption souterraine, survenue tôt mercredi matin, a déjà entraîné d'importantes inondations en raison de la fonte brutale des glaces, ainsi que l'évacuation de quelque 800 personnes. Celles-ci ont pu rentrer chez elles hier, mais ont été appelées à prendre des précautions. « La protection civile a incité les riverains à porter des masques pour éviter d'inhaler des cendres et des poussières volcaniques », a expliqué à l'AFP Kjartan Thorkelsson, chef de la police locale. « Dans les endroits les plus touchés, la visibilité ne dépasse pas 50 à 100 mètres », explique-t-il.
Les fumées, qui continuaient hier à s'échapper de la terre par d'impressionnantes colonnes, voient leur vitesse de déplacement s'accélérer au fur et à mesure qu'elles s'élèvent dans l'atmosphère, jusqu'à 16 kilomètres de hauteur.
« Je n'ai jamais rien vu de pareil ! » s'exclame Vilhjalmur Eyjolfsson, un fermier islandais de 86 ans, dont les terres voisines du glacier Eyjafjallajokull, sous lequel l'éruption volcanique s'est déclenchée mercredi, ont été recouvertes d'une épaisse couche de cendres grises. « Il fait sombre partout, même si quelques traits de lumière parviennent à passer », explique à l'AFP cet agriculteur du sud islandais. « Il y a de la cendre grise partout, c'est comme une épaisse neige de cendres. » Pour la première fois depuis 1918 et l'éruption d'un autre volcan, Katla, les cendres volcaniques pleuvent sur son village.Vols annulésL'éruption, la deuxième dans l'île...
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