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Moyen Orient et Monde - Éclairage

À l’ombre des sanctions, le travail de sape du programme nucléaire iranien

Les Occidentaux disposent de plusieurs moyens pour entraver la poursuite du programme de Téhéran, du physicien à soudoyer à la livraison de produits défectueux.
En dépit d'injonctions de l'ONU, l'Iran enrichit de l'uranium, officiellement à des fins civiles, alors qu'une grande partie de la communauté internationale le soupçonne de vouloir acquérir l'arme atomique. Après avoir décidé en début d'année de passer à un enrichissement à 20 % au lieu des 3 ou 4 % jusque-là observés, les Iraniens « continuent de progresser », mais « cela va plus lentement qu'ils l'imaginaient », a relevé dimanche le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. Dans le domaine nucléaire, des responsables européens ont noté, comme Robert Gates, les récentes difficultés iraniennes. « Les Iraniens continuent de produire de l'uranium enrichi, mais ils ont des problèmes », assure l'un d'eux sous couvert d'anonymat, sans vouloir les détailler.
Selon les experts, l'Iran disposerait, grâce à ses centrifugeuses, de près de deux tonnes d'uranium faiblement enrichi. Les faire tourner à plein régime a des conséquences sur la fatigue des matériaux, surtout si ces derniers ne sont pas très modernes. C'est là que les services de renseignements entrent en scène. Grâce à leur travail, une liste des filières d'approvisionnement et de produits indispensables à la production industrielle iranienne a été identifiée. Parfois, ces produits à double usage, civil et militaire, sont achetés à l'étranger, et il est possible d'en altérer la qualité. « Par exemple, un certain type de graisse est nécessaire pour telle application. Elle est livrée, et six mois plus tard, elle commence à attaquer le matériau sur lequel elle est mise », raconte un spécialiste du dossier souhaitant ne pas être identifié. « Ça se fait », confirme Jean-Pierre Maulny, expert à Paris de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), en évoquant « L'Arrangement de Wassenaar ». Cet organisme créé en 1995 et basé à Vienne permet à ses 35 pays membres de surveiller les demandes d'importation d'un État ainsi que les refus qui y sont associés. Et d'agir en conséquence.
La révélation à l'automne de l'existence d'un site d'enrichissement secret dans une montagne près de Qom - qui aurait été découvert par des espions français - a porté incontestablement un coup majeur au programme iranien. Elle a en outre permis de rallier la Russie à l'idée de nouvelles sanctions. Où sont fabriquées les centrifugeuses iraniennes ? Où sont celles qui devaient être installées à Qom ? Où sont les employés qui travaillaient sur ces centrifugeuses ? Y a-t-il d'autres sites secrets en Iran ? Autant de questions pour les services de renseignements qui peuvent déboucher sur des actions de déstabilisation, voire de sabotage.
Des interventions sont aussi possibles auprès de ceux qui participeraient au programme nucléaire iranien. En janvier, Massoud Ali Mohammadi, 50 ans, professeur de physique nucléaire à l'université de Téhéran, a été tué par l'explosion commandée à distance d'une moto piégée alors qu'il quittait son domicile à Téhéran. Cet attentat a été attribué par Téhéran aux services de renseignements américains (CIA) et israéliens (Mossad). Un autre physicien nucléaire iranien, Shahram Amiri, a disparu pour sa part en juin 2009 en Arabie saoudite. Selon des médias américains, il a fait défection et collabore aujourd'hui avec la CIA.

En dépit d'injonctions de l'ONU, l'Iran enrichit de l'uranium, officiellement à des fins civiles, alors qu'une grande partie de la communauté internationale le soupçonne de vouloir acquérir l'arme atomique. Après avoir décidé en début d'année de passer à un enrichissement à 20 % au lieu des 3 ou 4 % jusque-là observés, les Iraniens « continuent de progresser », mais « cela va plus lentement qu'ils l'imaginaient », a relevé dimanche le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. Dans le domaine nucléaire, des responsables européens ont noté, comme Robert Gates, les récentes difficultés iraniennes. « Les...
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