Un silence simple et mystérieux, celui du sacrement de Sa présence invisible et réelle.
« Allons à la crèche », avais-tu dit un jour simplement. Tu voulais dire : « Allons à celui qui s'est fait pauvre pour tous. Allons vers celui qui est notre force. » Combien ton « oui » au Seigneur était sacré, profond, authentique. « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. » Cette parole, tu l'as dite à ton tour, et renouvelée tous les jours. Et c'est elle qui t'as menée si loin et si haut. C'est elle qui t'as conduite à te tenir debout, aux côtés du Crucifié, comme Marie. À abolir toute distance entre toi et Lui. « Tant que le glaive n'a pas transpercé ton cœur, tu n'es pas une mère », me disais-tu. Et encore : « Comment apprendre l'humilité, si on n'est pas humiliée. »
En méditant sur ta vie, il m'est aujourd'hui facile de dire qui est « le plus grand » dans le Royaume de Dieu. Le plus grand, ce n'est pas le plus parfait, mais celui qui aime le plus et dont la souffrance d'amour est la plus entière.
À toi qui as combattu le bon combat, qui a « gardé la foi », à ta beauté dont s'est épris le Roi, cette phrase du Livre de l'Apocalypse : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur ; dès maintenant - oui, dit l'Esprit - qu'ils se reposent de leurs fatigues, car leurs œuvres les accompagnent. » Nous avons gagné une sainte. C'est ma seule consolation aujourd'hui que ton absence laisse dans mon cœur un vide irremplaçable.
(*) Hommage rendu pour le quarantième.


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