Les « chemises rouges » ont brièvement investi hier le Parlement thaïlandais. Photo AFP
C'est la quatrième fois depuis 2008 que la Thaïlande, très instable politiquement, a recours à cette mesure d'exception, qui interdit tout rassemblement de plus de cinq personnes et permet aux forces de l'ordre de procéder à des arrestations sans mandat de la justice. Les « rouges » ont cependant promis de ne pas céder. « Je joue ma vie avec ce gouvernement dictatorial », a déclaré Jatuporn Prompan, l'un des cadres du mouvement. « Nous devons nous préparer pour une autre guerre. Si les militaires viennent, ne paniquez pas, restez où vous êtes », a renchéri Veera Musikapong, un autre leader.
L'un des tout premiers objectifs du pouvoir devrait être de dégager un quartier touristique et commerçant majeur de la ville, que les manifestants occupent depuis samedi, provoquant des pertes financières énormes pour les hôtels et les centres commerciaux environnants. Les forces de l'ordre entendent aussi fermer la « Chaîne du peuple », la télévision des « rouges », sur laquelle les leaders de l'opposition haranguent leurs partisans. Le pouvoir a enfin promis « d'arrêter les responsables et (de) fouiller leurs domiciles ».
Cette brutale escalade des événements, dont la Thaïlande est désormais coutumière, intervient alors que l'opposition multipliait les actes provocateurs ces derniers jours. Le Premier ministre a regretté que le mouvement ait « terni l'image » du pays et « entamé la confiance des investisseurs ». Il a par ailleurs annulé un voyage à Washington du 10 au 15 avril, où il devait participer à un sommet sur la sécurité nucléaire.

