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Moyen Orient et Monde - Égypte

Climat tendu entre le pouvoir et l’opposition dopée par el-Baradei

Des ONG et certains analystes redoutent que les arrestations ne préfigurent une répression accrue de militants de l'opposition.

L’ancien responsable de l’AIEA et Prix Nobel 2005, Mohammad el-Baradei, n’a toujours pas fait savoir s’il se présenterait au scrutin présidentiel. Victoria Hazou/AFP

Les autorités égyptiennes ont annoncé hier avoir relâché une centaine de manifestants pro-réformes arrêtés la veille, dans un climat de nervosité croissante entre le pouvoir et une opposition dopée par l'ancien chef de l'AIEA, Mohammad el-Baradei. Ces militants sont pour la plupart liés au groupe du 6-Avril, un mouvement de jeunes Égyptiens qui milite pour des amendements à la Constitution et la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis près de trente ans.
Des partisans d'un ancien candidat d'opposition à la présidentielle de 2005, Ayman Nour, ont également tenté en vain de défiler. Selon les organisateurs ainsi que des ONG égyptiennes et internationales, 91 personnes au total avaient été arrêtées mardi.
Le ministère de l'Intérieur a indiqué hier dans un communiqué que les manifestants avaient été arrêtés car ils n'avaient pas obtenu d'autorisation pour manifester, et qu'ils appartenaient à un groupe « illégal ». Le ministère a justifié les arrestations en affirmant que « 10 officiers et individus avaient été blessés » dans des heurts entre manifestants et forces de l'ordre.
Organisateurs, ONG et certains analystes redoutaient hier que ces arrestations, mêmes suivies d'une rapide relaxe, ne préfigurent une répression accrue de militants souvent proches de M. el-Baradei, devenu en quelques mois l'opposant le plus en vue du pays. « Les autorités égyptiennes ont fait usage d'une brutalité débridée à l'encontre des manifestants qui exigeaient la restauration de leurs droits fondamentaux », explique dans un communiqué Sarah Leah Whitson, de l'association Human Rights Watch. « J'ai été arrêté, interrogé, menotté et fouillé au corps avant d'être violemment battu par un soldat aux ordres d'un homme en civil », a rapporté à l'AFP Mohammad, un jeune manifestant libéré mardi soir qui a souhaité garder l'anonymat. « Les forces de l'ordre ont procédé à des arrestations en masse, de simples badauds se sont retrouvés dans la même cellule que moi », a-t-il précisé.
« Nous entrons dans une nouvelle ère. Jusqu'à l'élection présidentielle de 2011, nous assisterons à un durcissement de la répression, à des arrestations arbitraires et les droits seront davantage bafoués », a estimé lors d'une conférence de presse Ahmad Saif, directeur du Hisham Mubarak Law Center, association d'aide juridique. « C'est le noyau dur de la société égyptienne, c'est-à-dire la jeunesse, que l'on a souhaité étouffer et effrayer avec une telle violence », affirme de son côté Georges Ishaq, un des porte-parole de l'Assemblée nationale pour le changement, créée pour soutenir M. el-Baradei.
L'ancien responsable de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et Prix Nobel 2005, qui plaide pour une démocratisation du régime, n'a toujours pas fait savoir s'il se présenterait au scrutin présidentiel. La Constitution égyptienne pose des conditions draconiennes, qu'il dénonce, aux candidatures n'émanant pas des partis établis. Sa campagne par voie de presse et sur Internet vient toutefois de s'amplifier avec des voyages en province.
Le président Hosni Moubarak (81 ans), en convalescence après une ablation de la vésicule biliaire, n'a toujours pas fait savoir s'il briguerait un nouveau mandat après 30 ans au pouvoir. Son fils Gamal, souvent présenté comme son dauphin, est également muet sur ses ambitions.
Les autorités égyptiennes ont annoncé hier avoir relâché une centaine de manifestants pro-réformes arrêtés la veille, dans un climat de nervosité croissante entre le pouvoir et une opposition dopée par l'ancien chef de l'AIEA, Mohammad el-Baradei. Ces militants sont pour la plupart liés au groupe du 6-Avril, un mouvement de jeunes Égyptiens qui milite pour des amendements à la Constitution et la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis près de trente ans.Des partisans d'un ancien candidat d'opposition à la présidentielle de 2005, Ayman Nour, ont également tenté en vain de défiler. Selon les organisateurs ainsi que des ONG égyptiennes et internationales, 91 personnes au total avaient...
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