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Moyen Orient et Monde

Djennet, 17 ans, veuve et kamikaze à Moscou

Djennet Abdourakhmanova, 17 ans, aurait été convaincue par des « idéologues wahhabites » de « se sacrifier » pour venger son mari, abattu par la police il y a trois mois dans l'ouest du Daguestan.

Djennet Abdourakhmanova, née en 1992, a été identifiée comme l'une des deux femmes kamikazes responsables des attentats qui ont fait 40 morts lundi dernier, dans le métro de Moscou, a indiqué hier le comité d'enquête du parquet russe, confirmant des informations parues dans la matinée dans la presse russe. La jeune femme, qui portait une ceinture d'explosifs, est à l'origine de l'explosion de la station de métro « Park Koultoury », a-t-il précisé. Selon le comité antiterroriste de Russie, qui coordonne les actions de plusieurs ministères et est présidé par le directeur du FSB Alexandre Bortnikov, cité par les agences russes, elle vivait à Khassaviourt, dans l'ouest du Daguestan, république elle aussi frappée mercredi par un double attentat-suicide qui a fait 10 morts. Elle serait la veuve du combattant rebelle Oumalat Magomedov, alias « al-Bara », aussi surnommé l'« Émir du Daguestan ». Il avait été abattu le 31 décembre 2009 à Khassaviourt, dans l'ouest du Daguestan, lors d'un échange de tirs avec la police. Djennet aurait été convaincue par des « idéologues wahhabites » de « se sacrifier » pour venger son mari, selon Kommersant.
Une photo du couple rendue publique hier montre une jeune fille voilée et entièrement vêtue de noir, au visage encore poupin, enlacée par Oumalat Magomedov, la trentaine, chacun tenant un pistolet. Les deux jeunes gens s'étaient rencontrés via Internet lorsque la jeune fille n'était encore âgée que de 16 ans. Magomedov, après l'avoir rencontrée, l'aurait amenée chez lui quasiment de force, selon Kommersant. Internet est un mode de recrutement usuel des extrémistes wahhabites dans le Caucase. Selon une source policière citée par le journal, la majorité des quelque trente kamikazes qu'ils auraient réussi à rallier à leur cause l'ont été via la Toile.
Magomedov était par ailleurs proche du leader rebelle Dokou Oumarov, qui se fait, lui, appeler « Émir du Caucase » et a revendiqué les deux attentats de Moscou. Dans une vidéo publiée mercredi, l'émir (chef, en arabe), en treillis et longue barbe, a expliqué qu'il s'agissait d'« un acte de vengeance » pour une opération spéciale menée par les forces de l'ordre russes le 11 février en Ingouchie et promis de nouveaux attentats.
L'enquête se poursuit « pour établir l'identité de la deuxième kamikaze, ainsi que des organisateurs et des commanditaires des actes terroristes », ajoute le comité d'enquête du parquet dans son communiqué. Selon la presse, il pourrait s'agir d'une femme originaire de Tchétchénie, Markha Oustarkhanova, même si une source au sein des services de sécurité tchétchènes a indiqué jeudi à l'agence RIA-Novosti que la photo de la jeune femme ne correspondait pas à celles des corps des auteurs des attentats de Moscou. Le quotidien Troud raconte qu'elle était âgée de 20 ans et était « la veuve du rebelle de Goudermès Saïd-Emin Khizriïev, tué en octobre 2009 alors qu'il préparait un attentat contre le président de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov ».
Alors que les Russes ont été très choqués par les attaques à répétition de cette semaine, le président russe Dmitri Medvedev a assuré hier que l'enquête sur les attentats qui ont frappé le pays avançait « rapidement ». Une source des forces de l'ordre citée par Interfax a indiqué qu'un appartement loué par des complices des kamikazes avait été découvert à Moscou. Cet appartement aurait notamment servi aux deux hommes, qui accompagnaient les jeunes femmes et qui ont probablement actionné les ceintures à distance, de se cacher quelque temps avant de disparaître. Leur identité est connue et ils sont recherchés, selon cette source. Le site Gazeta.ru a publié une capture d'image d'une vidéo de surveillance assez floue, montrant un grand homme brun, mince et vêtu d'un blouson et d'une casquette bleus, soupçonné d'être l'un des complices.
Djennet Abdourakhmanova, née en 1992, a été identifiée comme l'une des deux femmes kamikazes responsables des attentats qui ont fait 40 morts lundi dernier, dans le métro de Moscou, a indiqué hier le comité d'enquête du parquet russe, confirmant des informations parues dans la matinée dans la presse russe. La jeune femme, qui portait une ceinture d'explosifs, est à l'origine de l'explosion de la station de métro « Park Koultoury », a-t-il précisé. Selon le comité antiterroriste de Russie, qui coordonne les actions de plusieurs ministères et est présidé par le directeur du FSB Alexandre Bortnikov, cité par les agences russes, elle vivait à Khassaviourt, dans l'ouest du Daguestan,...
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