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Liban - Patriarcat Maronite

Sakr : Sfeir satisfait des propos de Nasrallah sur le tribunal

Reçu à Bkerké par le cardinal Nasrallah Sfeir, le député Okab Sakr a indiqué qu'il ressort de sa récente visite en Arabie saoudite que les dirigeants saoudiens sont soucieux de préserver le « rôle chrétien privilégié » au Liban.

Le député Okab Sakr a exposé au patriarche maronite le bilan de sa dernière visite en Arabie saoudite. Photo Émile Eid

De retour d'une visite de plusieurs jours en Arabie saoudite, le député de Zahlé Okab Sakr, membre du bloc parlementaire « Le Liban d'abord » (bloc Hariri) a été reçu hier par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, à Bkerké.
À l'issue de l'entrevue, M. Sakr a déclaré : « À chaque tournant (sur la scène locale), il est utile de rencontrer le patriarche (maronite). J'ai passé en revue avec Sa Béatitude un certain nombre de questions, notamment le fait que j'ai perçu (en Arabie saoudite) un souci particulier de préserver l'unité nationale libanaise, en particulier le rôle chrétien privilégié au Liban qui est constamment présent dans l'esprit du leadership saoudien. J'ai transmis à Sa Béatitude ces impressions, qu'il a accueillies avec grande satisfaction. Il a réaffirmé à cette occasion le souci du Liban d'entretenir les meilleures relations avec l'Arabie saoudite et de soutenir tout rapprochement arabo-arabe susceptible de contribuer à la sauvegarde de la souveraineté du Liban, son unité, son indépendance, son développement économique et l'unité de ses fils ».
Okab Sakr a, d'autre part, qualifié de « rationnelle et sereine » la prise de position « exceptionnelle » adoptée par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au sujet du Tribunal international, soulignant que cette attitude a suscité « notre admiration ainsi que celle du patriarche ». Affirmant que les propos tenus par Hassan Nasrallah sur ce plan sont « responsables » car il s'en remet au tribunal comme référence, M. Sakr a mis l'accent sur l'importance du tribunal pour le Liban. « Le Hezbollah a clairement souligné qu'il s'en remettait au tribunal pour ce qui a trait à la condamnation ou à l'innocence, a-t-il déclaré. À notre avis, ce tribunal ne peut être politisé que d'une seule façon, en camouflant les indices. Il ne peut être politisé qu'en inventant des accusations ou en fabriquant des indices. D'où le fait que les propos du secrétaire général du Hezbollah ont été bien accueillis, et le patriarche Sfeir estime que nous sommes sur la bonne voie et que la situation dans le pays pourrait s'améliorer. »

La visite de Hariri à Damas
M. Sakr a, par ailleurs, indiqué que le patriarche maronite a fait montre de compréhension à l'égard de la prochaine visite du Premier ministre Saad Hariri à Damas. « Le patriarche soutient cette visite, soulignant qu'il faut commencer à entretenir des relations sur base de l'égalité (entre le Liban et la Syrie), du respect du bon voisinage, de la souveraineté des deux pays, a déclaré M. Sakr. Cela jette les bases d'une attitude libanaise responsable avec son environnement arabe. Il est impératif de respecter la souveraineté libanaise, de nous respecter les uns les autres, de poser les jalons d'une nouvelle phase susceptible de consolider les relations d'égal à égal, fondées sur l'indépendance et la souveraineté des deux pays, à l'instar des pays arabes qui devraient remodeler leurs relations sur de nouvelles bases. »
Interrogé sur le fait de savoir s'il avait transmis au patriarche maronite un message du Premier ministre, M. Sakr a déclaré : « Le président Hariri et Sa Béatitude sont en contact permanent et les voies de communication sont ouvertes. Sa Béatitude a réaffirmé son soutien à l'action du gouvernement et à la prochaine visite du président Hariri en Syrie. Il a fait montre de compréhension à l'égard de la nature étatique et institutionnelle de cette visite qui jette les bases d'une étape marquée par le fait que le Liban commence à agir sur base du respect de sa souveraineté et de ses relations arabes et internationales, de manière à préserver la liberté de décision des Libanais pour qu'ils puissent exercer leur souveraineté sur leur territoire. »
Évoquant en outre le dossier des élections municipales, M. Sakr a déclaré que rien ne justifie le report du scrutin. « La tenue des élections municipales est devenue pratiquement certaine, et toute supputation portant sur un report des élections municipales sous prétexte de mener à bien les réformes serait synonyme de corruption, a notamment déclaré le député de Zahlé. Un report des élections constituerait un coup porté à la vie constitutionnelle au Liban. Nous estimons que nous avons suffisamment discuté des changements possibles (au niveau de la loi sur les municipalités). Il faudra organiser le scrutin sur base de ce qui aura été convenu, et le reste des amendements (à la loi) serait discuté après les élections ».
En réponse à une question sur ce qui pourrait être accordé au général Michel Aoun pour le cas spécifique de la ville de Beyrouth, M. Sakr a déclaré : « Nous n'abordons pas le problème sous l'angle des concessions. Nous parlons ici d'élections municipales et de respect de la loi. Toutes les parties, que ce soit le général Aoun ou d'autres, doivent se placer sous l'autorité de la loi. À l'ombre de l'État des institutions, nous ne pouvons pas parler de concessions en coulisses afin d'organiser les élections municipales. Nous avons suffisamment enduré du fait des compromissions et des concessions. Nous voulons une vie politique qui ne soit pas tributaire des compromissions et des concessions. Nous voulons une vie politique et électorale qui soit soumise à la seule logique de la loi qui dépasse les personnes ».
En conclusion, M. Sakr a souligné qu'un report des élections municipales pour des considérations techniques ne devrait pas dépasser « un délai d'un mois ».

Michel Moawad
Le patriarche Sfeir a reçu par ailleurs le président du « mouvement de l'indépendance », Michel Moawad, qu'il a retenu à déjeuner. À sa sortie de Bkerké, M. Moawad a qualifié le patriarche Sfeir de « conscience véritable et de protecteur du temple en ces jours difficiles que vit le Liban ». « Nul n'ignore que la région est en ébullition, a notamment déclaré Michel Moawad. D'un côté, Israël fait face à la communauté internationale et rejette tous les plans de paix. Et d'un autre côté, l'Iran tente d'exploiter le monde arabe pour ses projets nucléaires. Le Liban est pris entre deux feux. À la lumière de ces dangers, nous devons agir rapidement afin de sauver le Liban en nous tenant aux côtés de l'État libanais, avant de trouver les solutions adéquates, dans le cadre de la conférence de dialogue, au problème des armes du Hezbollah et de l'armement illégal ».
Et M. Moawad de souligner qu'avant que le Liban ne devienne « le seul champ de confrontation pour résoudre les problèmes de la région, nous devons agir rapidement afin que la décision de guerre et de paix et que la gestion du conflit libano-israélien relèvent de la responsabilité du gouvernement ». « Nous devons opter pour la légalité arabe et la légalité internationale, afin de protéger le Liban », a conclu M. Moawad.
Notons enfin que le cardinal Sfeir a également reçu hier l'ancien député Samir Azar ainsi que le président du rassemblement syriaque en Suède, Michel Jean, qui l'a informé de la décision prise le 11 mars dernier par le Parlement suédois de reconnaître le génocide dont a été la cible le peuple syriaque sous l'empire ottoman, en 1915.
De retour d'une visite de plusieurs jours en Arabie saoudite, le député de Zahlé Okab Sakr, membre du bloc parlementaire « Le Liban d'abord » (bloc Hariri) a été reçu hier par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, à Bkerké. À l'issue de l'entrevue, M. Sakr a déclaré : « À chaque tournant (sur la scène locale), il est utile de rencontrer le patriarche (maronite). J'ai passé en revue avec Sa Béatitude un certain nombre de questions, notamment le fait que j'ai perçu (en Arabie saoudite) un souci particulier de préserver l'unité nationale libanaise, en particulier le rôle chrétien privilégié au Liban qui est constamment présent dans...
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