La délégation libanaise au salon d’honneur de l’aéroport de Sofia. Photo Dalati et Nohra
Fait significatif : contrairement aux usages protocolaires en vigueur en Bulgarie - qui veulent que le chef du gouvernement n'accueille pas ses hôtes à l'aéroport -, le Premier ministre Boyko Borissov a tenu à faire le déplacement pour accueillir lui-même son homologue libanais, aux côtés de son ministre des Affaires étrangères, Nickolay Mladenov, de l'ambassadrice du Liban à Sofia, Micheline Abi Samra, et des membres du corps diplomatique arabe.
Cette visite officielle à Sofia a été décidée à la demande du Premier ministre Boyko Borissov. La Bulgarie a initié en effet une politique d'ouverture en direction de la Turquie et des pays arabes, et dans ce cadre, le Liban revêt, à n'en point douter, une importance particulière, tant sur le plan politique qu'économique, dans la mesure où il pourrait à certains égards constituer un tremplin pour la Bulgarie.
Au plan économique, les possibilités d'une coopération économique croissante, notamment au niveau des investissements et du tourisme, paraissent intéresser au plus haut niveau les deux secteurs privés bulgare et libanais. Dans cette perspective, la visite de M. Hariri est appelée à jouer un rôle de catalyseur à la mise sur les rails de nouveaux rapports économiques bilatéraux dans divers secteurs, d'où l'importance de la présence, aux côtés du Premier ministre, de la délégation d'hommes d'affaires qui l'accompagne afin de tisser des liens avec le secteur privé bulgare. Cette relance de la coopération bilatérale est d'autant nécessaire qu'au stade actuel, les échanges bilatéraux restent limités et se chiffrent à quelque 60 millions de dollars par an uniquement.
Les opportunités de coopération sur ce plan ont été évoquées au cours du dîner que M. Hariri a donné hier soir au Sheraton en l'honneur de nombre d'hommes d'affaires bulgares. « Les liens actuels, commerciaux ou d'affaires, sont encore en deçà de nos aspirations communes, a-t-il déclaré. Toutefois, je pense qu'il existe des synergies suffisantes entre nos deux économies pour développer des liens plus étroits. Ayant adhéré à l'Union européenne, la Bulgarie se trouve en position d'accroître son potentiel économique ; je pense que les perspectives qui s'ouvrent devant votre pays aujourd'hui sont plus prometteuses. »
Après avoir évoqué les efforts déployés par le gouvernement libanais pour initier des réformes et stimuler l'économie libanaise, M. Hariri a invité les hommes d'affaires bulgares à « explorer les opportunités multiples » qu'offre le Liban. « Le Liban est votre plate-forme idéale dans la région pour faire des affaires avec le monde arabe », a-t-il indiqué, avant de souligner en conclusion : « Le Liban est une merveilleuse destination touristique. Je suis confiant que vous allez apprécier la géographie unique du pays, l'hospitalité de son peuple et l'excellente qualité de ses services. »
Notons qu'avant le dîner avec les hommes d'affaires, M. Hariri a tenu une rencontre-débat avec une trentaine d'étudiants bulgares en sciences politiques.

