La lecture et les livres pour enfants sont des outils nécessaires pour pratiquer la tolérance, apprendre le dialogue et accepter la différence. Partant de ce constat, Joumana Behlok, de l'Association des amis des bibliothèques publiques au Liban, as-Sabil, a développé son intervention donnée dans le cadre du Forum Anna Lindh 2010. Axe principal de son allocution : comment les objectifs des bibliothèques publiques, spécifiques à l'expérience libanaise, peuvent-ils répondre aux besoins d'autres pays en matière d'intégration, de tolérance et de dialogue interculturel ? Elle a ainsi raconté les débuts d'as-Sabil, « née en 1998 au lendemain de la guerre civile pour créer des espaces de rencontres et de dialogue par-delà les différences confessionnelles et religieuses, les clivages socioculturels et les conflits ». Aujourd'hui, son réseau comprend 30 bibliothèques publiques, dont 4 à Beyrouth, et 2 « kotobus ». « Son programme d'activités - qui concernent les livres et la lecture dans un esprit d'échange et de dialogue - tente de pallier les carences du système d'éducation au niveau de la lecture et de la compréhension ».
Behlok a ensuite parlé des collections, des activités visant à développer la lecture-plaisir dans les écoles publiques démunies de livres et de bibliothèques.
Elle a relevé qu'aujourd'hui, des ONG qui s'occupent de lecture essaient d'encourager la publication de livres qui aident à l'intégration des handicapés (non-voyants, handicapés physiques) ou des personnes étrangères (par exemple des ressortissants d'autres nationalités : syriens ou palestiniens, sri lankais, éthiopiens ou philippins) en faisant de la coédition avec des éditeurs professionnels. Quant aux traductions, la bibliothécaire a précisé que « certains sujets nécessaires sont développés dans des livres étrangers, mais pas encore abordés dans des livres libanais, des sujets parlant d'inceste, de divorce ou même de l'autorité parentale remise en question, sujet intouchable dans nos sociétés ! »
Pour conclure, Joumana Behlok a évoqué ce qu'elle a appelé « une révolution dans le domaine du livre arabe pour enfant ». « En effet, depuis à peu près cinq ans, nous avons assisté au Liban à une très belle et très riche production de livres en arabe, tant au niveau du contenu qu'au niveau de la forme : thèmes de lecture, histoires, contes, illustrations ... ». La maison d'édition Assala, représentée au forum par sa directrice Chirine Kreidie, œuvre beaucoup dans ce sens.
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