Le bureau du procureur considère ainsi « fort regrettables et préjudiciables » les spéculations sur l'état d'avancement de ses travaux et la date à laquelle un acte d'accusation sera émis, car elles ne peuvent que semer la confusion au sein du public. S'indignant contre toute allégation ou insinuation selon laquelle celui-ci se livrerait délibérément au coulage d'informations aux médias, le bureau de Daniel Bellemare tient à rappeler « avec insistance » que la politique de communication du procureur, « empreinte de discipline et de responsabilité, accorde une place primordiale à l'intégrité des travaux de son bureau et du processus qu'il est en train de conduire, ainsi qu'à la confiance du public. En clair, la politique du bureau du procureur n'admet pas la diffusion d'informations aux médias », insiste le texte.
Et de poursuivre : « Comme il ressort clairement du rapport annuel présenté par le président du tribunal, l'une des priorités majeures du bureau du procureur, suite à l'ouverture du tribunal le 1er mars 2009, consistait à mettre en place un cadre institutionnel solide visant à protéger la confidentialité et l'intégrité de l'enquête. Par principe, le bureau du procureur ne plaide pas sa cause dans les médias. Si le bureau souhaite communiquer des informations au public, il le fait publiquement et à titre officiel. Toute information publiée par des personnes autres que le procureur et sa porte-parole officielle ne constitue que des spéculations et doit être traitée comme telle. Nul autre n'est habilité à s'exprimer au nom du bureau du procureur », martèle ainsi le communiqué, qui souligne que toute divulgation non autorisée de renseignements confidentiels sur les travaux du procureur constitue « une affaire grave et toute personne qui se livrerait à cette pratique en répondra des conséquences ».
Répondant aux questions de la LBCI au cours de son talk-show matinal d'hier, la porte-parole du procureur, Radhia Achouri, a confirmé tout ce qui a été dit et redit dans le communiqué, s'arrêtant particulièrement sur le nombre « gigantesque » de spéculations qu'elle a qualifiées de totalement « déplacées », surtout qu'elles sont attribuées à des sources anonymes « qui n'ont catégoriquement rien de bien informé ».
Également interrogé au cours du même programme télévisé, le député haririen de Denniyé Ahmad Fatfat a dénoncé une volonté « de nuire » à travers ces spéculations, assurant que personne, « absolument personne ne sait ce qui se passe » au niveau de l'enquête. « Comme nous l'avions répété dès le départ, nous avons confiance dans ce tribunal et nous ne nous mêlons d'absolument rien ; toute personne qui prétend être au courant de quelque chose ment », a-t-il conclu, après avoir relevé que des « milliers de Libanais ont été entendus » par l'équipe d'investigation et que cela est tout à fait normal.
À ce propos, l'agence Reuters a indiqué avant-hier, jeudi, que le TSL a demandé à entendre six membres du Hezbollah. « Les enquêteurs ont demandé à entendre six personnes à propos de l'assassinat du martyr Rafic Hariri », ont indiqué à l'agence de presse des sources proches des services de sécurité.
Radhia Achouri a refusé de confirmer l'information : « Tant que nous en sommes à la phase d'enquête, nous ne révélons pas ce genre d'information et ne faisons aucun commentaire », a-t-elle ainsi déclaré.
Rappelons qu'en mai dernier, le magazine allemand Der Spiegel affirmait que les enquêteurs soupçonnaient le Hezbollah d'être derrière l'assassinat de Rafic Hariri. Le Hezbollah avait tout naturellement rejeté l'accusation.

