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Liban - Éclairage

Les relations syro-saoudiennes, un axe nouveau pour la région…

C'est désormais une histoire connue. Dans un geste de bonne volonté qui s'inscrit dans le cadre de la préparation de sa seconde visite à Damas à la tête d'une importante délégation ministérielle, prévue entre le 13 et le 14 avril, le Premier ministre Saad Hariri a réuni les principaux cadres qui travaillent dans les médias que lui et son courant possèdent. Selon un des présents, Saad Hariri est apparu très détendu et en même temps ferme. Il a expliqué aux participants à cette réunion la portée de son ouverture sur Damas, expliquant à ses interlocuteurs qu'il s'agit pour lui d'une démarche définitive et profonde. Saad Hariri a ainsi fermement demandé à ses auditeurs de ne plus critiquer la Syrie et son commandement dans les médias qui relèvent de son autorité. Il a même insisté sur le fait que même les analyses et les interprétations ne sont pas recommandées car nul ne sera convaincu qu'il s'agit de l'opinion propre de l'auteur de l'article, et c'est à lui qu'on en attribuera la responsabilité. Or le Premier ministre a expliqué à ses interlocuteurs qu'il souhaite qu'aucun élément négatif ne vienne entraver son ouverture sur Damas, ou même la perturber, affirmant qu'il s'agit d'un choix qu'il effectue par conviction.
À ses interlocuteurs, le Premier ministre a précisé que les relations entre l'Arabie saoudite et la Syrie sont devenues très profondes et elles dépassent largement le dossier libanais. Il s'agit, selon le tableau qu'il a dressé, d'une plate-forme qui va relever l'ensemble du monde arabe et qui va lui permettre de ressouder ses rangs et de retrouver une place sur l'échiquier international, alors que depuis des années et à cause des divisions internes, les Arabes ne mettent pas leurs efforts en commun pour aboutir à une stratégie claire sur les dossiers chauds.
Le premier indice concret de la solidité des relations syro-saoudiennes a été le rôle décisif de la Syrie dans le conflit qui faisait rage au Yémen. C'est Damas qui serait intervenue auprès des Iraniens et des Saoudiens pour que les combats cessent, laissant au président du Yémen le soin de mettre en scène la solution à travers son offre en plusieurs points aux rebelles houthis. Le second dossier en voie de règlement est celui de l'Irak. L'Arabie saoudite et la Syrie ont la même vision sur l'avenir de ce pays qui doit, à leurs yeux, rester uni. Leur entente et leur coopération ont porté leurs fruits puisque les dernières élections législatives en Irak ont montré que la plus grande partie des électeurs a opté pour les partis non confessionnels ou religieux. La liste présentée par l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui, qui entretient des relations avec tous les bords internes et avec aussi bien les États-Unis que l'Arabie saoudite et Damas, a ainsi obtenu des résultats concluants. Ce qui lui permet de réclamer une part importante au sein de la coalition qui devrait aboutir à la formation du futur gouvernement du pays. L'Iran qui appuie en principe l'actuel Premier ministre Nouri el-Maliki, détient aussi d'autres cartes et en définitive souhaite surtout avoir son mot à dire dans la gestion du pays et réclame surtout que son rôle prépondérant dans la région soit reconnu.
Troisième indice important de la profondeur des liens entre Damas et Riyad, les efforts des dirigeants saoudiens pour aboutir à une réconciliation entre l'Égypte et la Syrie. Apparemment, ces efforts seraient sur le point de porter leurs fruits dans les prochaines semaines. Il avait été question d'organiser une réunion entre les présidents Bachar el-Assad et Hosni Moubarak au sommet de Libye, mais après avoir subi une intervention chirurgicale en Allemagne, le président Moubarak ne se rendra pas à Syrte. Par contre, le président syrien pourrait se rendre, lui, en Égypte. Cette réconciliation devrait avoir des conséquences importantes sur le dossier palestinien et la signature du document d'entente entre le Hamas et l'Autorité palestinienne.
Il ne s'agit certes pas, à travers cet exposé, de faire croire que tout va pour le mieux chez les Arabes et qu'ils vont enfin s'unir et prendre conscience de leur force pour adopter des positions fermes et claires face à Israël. D'autant que le climat d'entente règne pratiquement entre les Arabes à chaque rendez-vous au sommet et ne dure généralement que le temps de publier la déclaration finale...
L'idée directrice est simplement de montrer que les relations syro-saoudiennes dépassent le cadre libanais et qu'elles s'inscrivent dans un projet régional, dans lequel le Premier ministre Saad Hariri a choisi de s'intégrer. Il espère, après le premier contact personnel positif établi au cours de sa première rencontre avec le président Bachar el-Assad, parvenir à établir, grâce à la seconde réunion élargie, une coopération saine et fructueuse. Devant ses interlocuteurs, Hariri s'est montré confiant dans l'avenir des relations syro-libanaises et conscient du rôle régional grandissant de la Syrie. Il a aussi évoqué ses relations excellentes avec le fils du roi Abdallah, l'émir Abdel Aziz, en charge du dossier libanais et qui est aussi un ami personnel du président syrien. Avec cette conjoncture particulière, les relations libano-syriennes pourraient donc devenir stables et constructives. C'est, en tout cas, selon l'un des participants à la réunion, le souhait émis par le Premier ministre.
C'est désormais une histoire connue. Dans un geste de bonne volonté qui s'inscrit dans le cadre de la préparation de sa seconde visite à Damas à la tête d'une importante délégation ministérielle, prévue entre le 13 et le 14 avril, le Premier ministre Saad Hariri a réuni les principaux cadres qui travaillent dans les médias que lui et son courant possèdent. Selon un des présents, Saad Hariri est apparu très détendu et en même temps ferme. Il a expliqué aux participants à cette réunion la portée de son ouverture sur Damas, expliquant à ses interlocuteurs qu'il s'agit pour lui d'une démarche définitive et profonde. Saad Hariri a ainsi fermement demandé à ses...
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