Les marines ont attrapé en flagrant délit ces policiers afghans en train de fumer des narcotiques au sein de la base US à Marjah. Mauricio Lima/AFP
L'un de ces points exige un « calendrier clair de retrait » des forces internationales, ce qui marque un infléchissement notable chez le vieux chef de guerre Hekmatyar : le 22 janvier, ce dernier avait annoncé qu'il était ouvert au dialogue de paix, mais avec, comme préalable indispensable à l'ouverture de pourparlers, le retrait des soldats étrangers. Le Hezb-e-Islami encouragera les talibans à s'engager dans les négociations « pour le bien et la prospérité du pays », a assuré M. Zarghon.
« Je confirme qu'une rencontre entre une délégation du Hezb-e-islami et le président a eu lieu il y a quelques jours », a déclaré pour sa part Waheed Omar, un porte-parole de M. Karzaï. « Ils ont apporté un plan de paix, une proposition, et le président l'étudie », a-t-il ajouté.
Éphémère Premier ministre à deux reprises dans les années 1990, Hekmatyar figure sur la « liste noire » de l'ONU, aux côtés du mollah Omar, chef suprême des talibans. Washington l'avait désigné en 2003 comme un « terroriste » et le recherche pour avoir, selon le département d'État, participé et soutenu des actes perpétrés par el-Qaëda et les talibans. Hekmatyar était, durant l'occupation de l'Afghanistan par les forces soviétiques de 1979 à 1989, l'un des principaux chefs de guerre combattant l'armée rouge et le premier bénéficiaire de l'aide financière et en armement de la CIA à l'époque. Le Hezb-e-Islami entretient aujourd'hui des liens très ambigus avec les talibans, s'alliant à eux dans certaines provinces, les combattant dans d'autres.
Le président Karzaï, qui milite publiquement depuis longtemps pour des pourparlers de paix avec les talibans, a présenté en janvier un plan de « réconciliation », proposant argent et travail aux repentis et des postes de responsabilité à leurs chefs, y compris le mollah Omar, ce que rejette Washington.
L'insurrection des talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les États-Unis, ne cesse, depuis plus de deux ans, de gagner en intensité dans la quasi-totalité du territoire, infligeant des pertes de plus en plus lourdes aux forces internationales, dont les deux tiers sont américaines.
Pour l'heure, les talibans du mollah Omar ont répété à l'envi qu'ils n'entameraient pas de négociations avant le départ de toutes les forces étrangères. Mais un porte-parole du président Karzaï a indiqué samedi que l'arrestation en février, par le Pakistan et avec l'aide de la CIA, d'un chef militaire réputé jusqu'alors proche de Omar, Abdul Ghani Baradar, avait interrompu un début de pourparlers avec certains talibans.

