L'administration Obama pressait depuis plusieurs jours Israéliens et Palestiniens de « prendre des mesures pour rebâtir la confiance ». Selon les médias israéliens, Mme Clinton avait multiplié les pressions en ce sens sur M. Netanyahu. Elle aurait notamment exigé qu'il gèle la construction à Jérusalem-Est, secteur à majorité arabe dont la communauté internationale ne reconnaît pas l'annexion.
Selon les médias israéliens, le Premier ministre de droite serait prêt à faire des gestes de bonne volonté envers le président modéré de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, notamment en libérant des prisonniers et en levant des barrages en Cisjordanie occupée. Il serait aussi disposé à mettre en sourdine les projets de construction dans les quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est annexée, à l'origine du coup de froid avec Washington, sans pour autant les annuler, ni rien céder sur le fond. Selon la radio militaire israélienne, citant des sources gouvernementales, M. Netanyahu a refusé un gel des colonies à Jérusalem-Est, mais il aurait promis plus de discrétion sur les projets immobiliers.
Pour l'ex-consul général israélien à New York, Alon Pinkas, cela revient à dire à Washington : « Don't ask, don't tell » ( « Ne rien demander, ne rien dire » ), expression se référant à la loi américaine qui impose aux militaires homosexuels de ne pas dévoiler leur orientation sexuelle. Il sera toutefois difficile d'observer une grande discrétion puisque les appels d'offres pour les nouvelles constructions sont publics. Selon M. Pinkas, interviewé par la radio militaire, « le plus probable, c'est que la crise ne va pas être résolue mais qu'elle va faire moins de bruit ».
En outre, selon deux sondages publiés hier, une majorité d'Israéliens s'oppose à un gel de la colonisation à Jérusalem-Est.
M. Netanyahu doit se rendre demain à Washington pour participer au congrès annuel de l'Aipac (American Israel Public Affairs Committee), le principal lobby juif aux États-Unis.
Cette crise - la pire depuis des décennies - a suscité des échanges virulents entre les Israéliens et l'administration Obama, le président américain étant la cible de politiciens et de la presse d'extrême droite. Selon une enquête d'opinion publiée par le Haaretz (gauche), une forte majorité d'Israéliens (69 %) considère néanmoins que le président Barack Obama a une « attitude honnête ou même positive » envers Israël, contre 21 % de l'avis contraire.

