Selon les premières estimations, le parti de la droite présidentielle UMP a recueilli de 26,7 à 27,3 % des voix... Éric Feferberg/Pool/Reuters
À l'issue d'une campagne ponctuée de coups bas et de polémiques à répétition, ces résultats constituent un désaveu pour le président Nicolas Sarkozy et le gouvernement. Huit membres du gouvernement Fillon (dont un NC) briguent une présidence de région et douze autres figurent sur une liste. L'abstention « ne permet pas de tirer un enseignement national » et « tout reste ouvert » pour le second tour, a toutefois affirmé François Fillon.
Le PS devance l'UMP et ses alliés de 3,5 points, selon TNS-Sofres (30 % contre 26,7 %) et de près de 2 points d'après Opinionway (29,1 % contre 27,3 %). Il faut remonter aux européennes de 2004 pour avoir un PS aussi élevé. L'UMP fait trois à quatre points moins que Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle (31,18 %) tandis que le PS fait quatre à cinq points de mieux que Ségolène Royal. Il y a tout juste neuf mois, le parti de Martine Aubry subissait pourtant une déroute (16,5 %) aux européennes. « Rien n'est encore joué », a lancé Martine Aubry, rayonnante.
Derrière le PS et l'UMP, la troisième place semble revenir à Europe Écologie (entre 12,3 % et 13,1 %), juste devant le FN (11,2 % à 12 %).
S'il est encore trop tôt pour dire si la gauche va réussir le grand chelem, cet objectif paraît envisageable. Sur les 26 régions, seules lui manquent pour l'heure l'Alsace et la Corse. L'Alsace, où une triangulaire aura lieu avec le FN, le second tour s'annonce serré, avec un petit avantage à la gauche. « On sera content si on sauve l'Alsace », résumait d'ailleurs ces derniers jours un baron de l'UMP.
Seul point noir pour le PS, le Languedoc-Roussillon où sa candidate Hélène Mandroux est éliminée (7 %) tout comme Jean-Louis Roumégas (Verts), où l'ex-socialiste Georges Frêche est en passe d'être réélu en recueillant plus de 35 % au premier tour. En Poitou-Charentes, Mme Royal réalise un bon score avec plus de 39 %.
Plus d'un Français sur deux a boudé les urnes. Selon Opinionway, l'abstention s'est élevée à 55 %, soit 16 points de plus qu'en 2004. Selon TNS Sofres Logica, elle a atteint 52,5 %. Elle est toutefois moins élevée qu'aux européennes de juin dernier (59,37 %). L'appel à la mobilisation relayé ces derniers jours par l'ensemble des ténors de l'UMP et M. Sarkozy n'a pas porté ses fruits. Et surtout, les résultats marquent l'échec de la stratégie d'union du parti présidentiel dès le premier tour.
Pour son dernier combat électoral, le leader du Front national Jean-Marie Le Pen, terrassé en 2007, a réussi son pari en recueillant 20 % en PACA.
L'enjeu du scrutin est la désignation pour quatre ans - avant l'avènement des conseillers territoriaux en 2014 - des nouvelles assemblées dans les 26 régions de France. Peuvent concourir au second tour les listes ayant recueilli 10 % des suffrages. Celles qui ont obtenu entre 5 et 10 % ont jusqu'à demain pour fusionner avec une des listes qualifiées. Le PS, Europe Écologie ainsi que leurs autres alliés de gauche (Front de gauche) vont donc négocier leurs listes communes. Des discussions informelles entre les responsables de gauche ont débuté dès samedi à Paris.

