Pour la première fois, ManU et Rooney (photo) ont éliminé l’AC Milan en coupe d’Europe après quatre tentatives infructueuses : en 1958 tout d’abord, suivies en 1969 et 2007 en demi-finales puis en 2005 en 8es de finale. Andrew Yates/AFP
Lyon, bête noire européenne du Real, accède aux quarts de finale de la Ligue des champions pour la 4e fois de son histoire alors que les Madrilènes, qui regarderont en simples spectateurs la finale du 22 mai dans leur stade, s'arrêtent en 8es de finale pour la sixième fois consécutive !
Une colossale désillusion pour un club qui a dépensé plus de 250 millions d'euros l'été dernier pour remporter ce trophée et la Liga en Espagne.
Lyon, déchu de son titre en France la saison dernière, n'a jamais perdu face au Real Madrid : trois victoires à Lyon et trois matches nuls à Santiago-Bernabeu.
Les joueurs lyonnais ont fait mieux que résister hier alors que les Madrilènes avaient affiché une confiance démesurée. Logiquement mené à la pause, l'OL est revenu dans un nouveau schéma tactique (Kallstrom et Gonalons à la place de Boumsong et Makoun) et avec beaucoup plus d'ambition.
Ils ont eu le contrôle du ballon devant un Real statique et fébrile et se sont créé les meilleures occasions.
Invraisemblable
Un débordement de Delgado, excellent comme à l'aller, était repris de la tête par Gonalons juste au-dessus (49). Trois minutes plus tard, Govou, remarquablement servi dans la surface par Kallstrom, envoyait le ballon directement dans les tribunes.
Lyon prenait confiance et égalisait à la 75e par Pjanic, à bout portant face à Casillas, après une superbe combinaison Kallstrom-Delgado-Lisandro.
Lisandro puis Delgado ont même raté la balle de l'humiliation en fin de match alors qu'ils étaient seuls devant Casillas.
Le Real y a cru une mi-temps. Bien chauffés par leur public, les Madrilènes sont vite partis à l'assaut. Kaka inquiétait ainsi Lloris au bout de 16 secondes de jeu.
Puis Cristiano Ronaldo remettait les deux équipes à égalité sur l'ensemble des deux matches : à la 6e minute, une excellente ouverture de Guti trouvait Cristiano Ronaldo qui semait Cris puis trompait Lloris d'une frappe du gauche entre les jambes.
Ils ont ensuite eu plusieurs balles de 2-0, dont deux fois par Higuain (sur le poteau, 25e, puis sur Lloris, très bon sur le coup, 28e).
Mais de manière aussi surprenante qu'invraisemblable vu l'enjeu, le Real Madrid de Manuel Pellegrini s'est arrêté de jouer. Et Lyon n'en attendait pas tant.
Rooney, encore bourreau de l'AC Milan
Wayne Rooney, lui, après un doublé à San Siro (victoire : 3-2), a récidivé hier à Old Trafford, pour envoyer sans souci Manchester United en quarts de finale aux dépens d'un AC Milan humilié (4-0).
Après les buts de l'attaquant (13, 46), Park Ji-sung et Darren Fletcher, servis par Paul Scholes et Rafael, ont donné une ampleur humiliante au score (59, 87) que le Milanais David Beckham aurait mérité de réduire pour son retour à Old Trafford, sa volée somptueuse s'écrasant sur la barre (75).
Même en déclin, l'AC Milan n'est pas un habitué de pareille correction, une sanction à son infériorité, tant collective qu'individuelle. Rooney fut la parfaite illustration de ce gouffre entre les deux formations.
L'entraîneur Alex Ferguson avait fait mine de douter de la participation de son buteur miracle. Mais s'il souffre d'un genou, « Wazza » le cache bien.
Après un tir au ras du poteau en guise d'avertissement à Christian Abbiati et à la défense à trois aussi statique qu'inédite de Milan (3), il a tué dans l'œuf tout suspense d'une jolie tête décroisée sur un centre de la droite parfait de Gary Neville (13, 1-0).
Le jeu aérien fut le point faible supposé de Rooney. Mais a-t-il encore des failles? Depuis le départ de Cristiano Ronaldo au Real Madrid, l'Anglais, 24 ans, a pris une nouvelle dimension et empile les buts : 30 cette saison, toutes compétitions confondues, 14 lors de ses onze derniers matches..
Beckham sur la barre
Old Trafford n'aura qu'un reproche à faire à son héros : avoir mis un terme si prématurément au suspense, laissant l'ennui gagner ses tribunes jusqu'à son second but, marqué en devançant Abbiati sur une merveille d'extérieur du pied droit de Nani (46, 2-0).
Malgré ce que le score suggère, United n'a pas eu à forcer son talent pour arrêter le train de sénateurs de l'AC Milan.
Certes Edwin Van Der Sar était resté sans réaction sur des têtes d'un Ronaldinho par ailleurs fantomatique (8) ou de Klaas Jan Huntelaar (54) et s'était emmêlé les gants sur une frappe d'Andrea Pirlo, l'un des rares à sembler se souvenir qu'il porte le maillot d'un club glorieux (13). Mais pour le reste, Milan n'a rien montré.
Old Trafford a pu sans crainte hurler son amour à l'enfant prodigue Beckham à son entrée sur la pelouse d'Old Trafford, sept ans après l'avoir foulée pour la dernière fois (64), ou exprimer son admiration sur sa volée somptueuse (75). « Fergie, sign him up! » ( « Fergie, recrute le ! » ), hurlait le public.
Mais à sa sortie (66), Rooney faisait jeu égal à l'applaudimètre. United aime toujours « Becks ». Mais son dieu du moment, c'est « Wazza ». Sans doute pour longtemps.

