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Culture - Livre

Un peintre dans la ville

Entre Amine el-Bacha et Beyrouth, une histoire d'amour et de couleurs, de bruits et de douceur. Un lien très fort qu'un bel ouvrage vient sceller : « Beyrouth, Amine el-Bacha, aquarelles et dessins 1953-2009 » aux éditions Dar Nelson.

Une terrasse fleurie en couverture de l’ouvrage.

C'est par La porte du jardin, une magnifique aquarelle tout en arabesques, datant de 1985, que le lecteur entre dans le monde foisonnant d'Amine el-Bacha. Comme le titre de l'ouvrage l'indique, il s'agit là d'un recueil des œuvres de l'artiste inspirées par Beyrouth. À signaler que cette parution s'inscrit dans le cadre des activités de « Beyrouth, capitale mondiale du livre 2009 ». Le peintre el-Bacha signera par ailleurs cet ouvrage demain, jeudi 4 mars, à partir de 18h00, à l'hôtel Le Bristol.
Avec talent et sensibilité, le peintre explore l'univers infini de la ville, de son Beyrouth. Un travail où la vie s'insinue, en douceur, dans un monde de béton. Peindre la ville, celle d'hier et d'aujourd'hui, la ville multiple, dans sa diversité, son mouvement et sa poésie, à travers les strates et les déchirures. Peindre tout à la fois cette diversité et cette unité. Beyrouth ville vivante, en constante mutation, où le temps a détruit, remodelé, blessé, cicatrisé, reconstruit. Ville changeante, au gré des saisons et des heures, dont Amine el-Bacha a su rendre la poésie fiévreuse,
frémissante.
Préfaçant les images, un survol biographique du parcours de l'artiste, en anglais et en arabe, par Mahita el-Bacha Urieta, curatrice, productrice et consultante artistique.
Pour ponctuer les aquarelles et les dessins, des interludes littéraires. En français, le lumineux poème Beyrouth de Nadia Tuéni et la magnifique ode de Nizar Kabbani, en arabe. Des petits extraits éloquents, tel celui tiré de Lettre posthume de Dominique Eddé ou encore Amtar Kadima (vieilles pluies) de Fouad Rafka. L'on peut également lire une citation de Robert Fisk tirée de son Pity the Nation, ou se délecter d'une description du Café de verre par Farjallah Haïk.
Puis un petit témoignage en arabe de Kamal Salibi, sur ses promenades piétonnes dans les ruelles de Beyrouth. Et un parallèle entre la place des Martyrs et la corniche de Raouché par Alexandre Najjar. Des souvenirs beyrouthins égrenés par Hicham Charabi. Un flash-back de Mahmoud Darwiche sur un épisode de son enfance qui s'est déroulé place des Canons.
Le Beyrouth d'el-Bacha, c'est une toile intitulée L'été, où des silhouettes de baigneurs rapidement croquées en noir sur blanc ; c'est aussi La fête ou les réunions familiales au Horch de Beyrouth. C'est le Quartier populaire, où s'entassent des constructions carrées entourant un terrain de jeu de foot improvisé. C'est le Café Sunrise à Manara, les toits à Ras-Beyrouth, la mer et ses arbres.
L'univers pictural d'el-Bacha des années 50 ressuscite la place des Canons et tous ces lieux devenus mythiques, ces cafés hélas disparus, où se retrouvaient les hommes de lettres et Monsieur Tout-le-monde : la Palette, le Horseshoe, le Kit Kat, le restaurant Hajj Daoud, le Modca. C'est un hommage à une ville, certes, mais aussi à ses habitants, ses promeneurs, ses joueurs de trictrac, ses baigneuses indolentes, ses maisons traditionnelles, ses marchands ambulants.
Plus récentes, des images de la guerre, le Grand théâtre ou le cinéma Empire transformés en bâtiments fantômes, des colonnes de fumées s'élevant des immeubles ciblés par l'aviation israélienne en 1982.
Il faut voir les œuvres d'el-Bacha, il ne faut pas seulement les voir, il faut les regarder et les regarder longtemps, les scruter, les pénétrer, c'est alors que la magie commence.

* Bâtiment des pompiers, 3e étage. Tél. : 01/667701.
C'est par La porte du jardin, une magnifique aquarelle tout en arabesques, datant de 1985, que le lecteur entre dans le monde foisonnant d'Amine el-Bacha. Comme le titre de l'ouvrage l'indique, il s'agit là d'un recueil des œuvres de l'artiste inspirées par Beyrouth. À signaler que cette parution s'inscrit dans le cadre des activités de « Beyrouth, capitale mondiale du livre 2009 ». Le peintre el-Bacha signera par ailleurs cet ouvrage demain, jeudi 4 mars, à partir de 18h00, à l'hôtel Le Bristol. Avec talent et sensibilité, le peintre explore l'univers infini de la ville, de son Beyrouth. Un travail où la vie s'insinue, en douceur, dans un monde de béton. Peindre la ville, celle d'hier et d'aujourd'hui, la ville multiple, dans sa...
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