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Liban - Commentaire

Un bras de fer USA-Iran dont le Liban craint les retombées

Le monde entier suit la dangereuse escalade qui marque ces temps-ci la lutte entre les États-Unis et l'Iran, avec menace d'explosion régionale. Maillon faible de la chaîne, c'est le Liban qui tremble le plus. Car le guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei, l'a précisé, il y a deux ans déjà : « C'est au Liban que nous allons défaire l'Amérique. » Tout dernièrement, le président Ahmadinejad a pressé le Hezbollah de pilonner Israël, en cas d'attaque contre l'Iran. Cela, après avoir affirmé que toute puissance parvenant à dominer seule le Moyen-Orient se rendrait ipso facto maîtresse de l'univers. Tandis que sayyed Hassan Nasrallah promet « de changer la face de la région »...
Qui va gagner ? En bonne logique, il serait difficile pour l'Iran de l'emporter d'une manière définitive, décisive. Car beaucoup de pays, notamment occidentaux, comptent trop sur le pétrole du Golfe pour permettre une mainmise iranienne sur cette ressource vitale. Ils se rappellent le lourd prix que leurs pays avaient dû payer lors du choc pétrolier de 1973, quand le roi Fayçal d'Arabie saoudite, en riposte à la guerre israélienne dite d'Octobre, les avait privés de l'or noir. Il ne fait aucun doute que, tout en s'efforçant de prévenir un conflit armé conduisant à la fermeture du détroit d'Ormuz, l'Occident tout entier, ainsi que le Japon ou même la Chine, ferait tout pour empêcher Téhéran de prendre le contrôle du Golfe. Cela étant, selon un diplomate arabe spécialisé dans ce brûlant dossier, quatre scénarios sont envisageables :
- D'abord la guerre. Assez peu probable, cependant. Car il serait presque impossible de la contenir dans des limites déterminées et d'empêcher qu'elle ne tourne à l'affrontement total. Ce dont nul ne sortirait gagnant, les destructions frappant pour longtemps l'enjeu pétrolier. L'équilibre de la terreur prévaudrait presque certainement, étant donné que l'Iran s'est rendu suffisamment puissant militairement, défensivement aussi bien qu'agressivement, pour prévenir une blitzkrieg israélo-américaine. Il compte également sur le concours du Hezbollah, dont les milliers de missiles donnent peur aux Israéliens, qui les ont éprouvés en juillet 2006.
- Les menaces renforcées. Mais elles sont difficiles à prendre au sérieux. Surtout que pendant des années l'administration Bush a brandi le bâton face à l'Iran comme à la Syrie, sans effet. Les deux alliés, même frappés d'isolement, sont restés inflexibles en temps de tension ordinaire, et plieraient encore moins maintenant que la crise est à son paroxysme. Une précision, concernant notre propre pays : rassuré sur son sort, grâce aux interventions des Arabes modérés inquiets d'un effet boule-de-neige, le régime syrien, soumis à des pressions pour changer de comportement chez nous, n'a jamais cédé. Et c'est Jeffrey Feltman qui avait dû convenir, non sans amertume, que, finalement, c'est l'Amérique qui se retrouve isolée, et non pas la Syrie.
Bien entendu, le régime iranien craint encore moins d'être renversé. Et il est assuré qu'en raison de son potentiel de riposte, et du danger sur le pétrole, on ne va pas s'en prendre militairement à lui. Il traite donc les menaces, qu'il qualifie de simples gesticulations, par-dessus la jambe. En proclamant, avec défi, qu'il passe effectivement à l'enrichissement de l'uranium, pour se bâtir un nucléaire, éventuellement militaire.
En tout cas, le dernier sommet syro-iranien prouve, si besoin était, que l'axe tient plus que jamais. Et ne se trouve pas érodé, comme certains l'ont espéré, par le rapprochement consenti par Damas en direction de l'Arabie saoudite. L'on a pu de la sorte entendre le président Assad répondre au souhait de séparation exprimé par Hillary Clinton que son pays ne divorcerait jamais de l'Iran. Et que les relations entre eux ne regardent personne d'autre.
- Les sanctions contre l'Iran. Tout comme les menaces, elles n'ont pas l'air de le faire frémir. Non seulement parce que son économie va déjà mal, et que les problèmes de la population n'affectent pas beaucoup les théocrates au pouvoir. Mais aussi parce qu'il sait que la Chine et la Russie, qui ne veulent pas d'un recours aux sanctions, s'arrangeront toujours pour en alléger les effets, ou même les annuler.
- Enfin, un arrangement diplomatique, un compromis à la Yalta, pour le partage des zones et des limites d'influence dans la région. Avec engagement mutuel de non-agression et de non-provocation. Un traité non écrit, comme celui que le président Eisenhower avait conclu avec Nasser après la chute du pacte de Bagdad.
Le monde entier suit la dangereuse escalade qui marque ces temps-ci la lutte entre les États-Unis et l'Iran, avec menace d'explosion régionale. Maillon faible de la chaîne, c'est le Liban qui tremble le plus. Car le guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei, l'a précisé, il y a deux ans déjà : « C'est au Liban que nous allons défaire l'Amérique. » Tout dernièrement, le président Ahmadinejad a pressé le Hezbollah de pilonner Israël, en cas d'attaque contre l'Iran. Cela, après avoir affirmé que toute puissance parvenant à dominer seule le Moyen-Orient se rendrait ipso facto maîtresse de l'univers. Tandis que sayyed Hassan Nasrallah promet « de changer la face de la...
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