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Culture - Spectacle

Comme un long week-end de retrouvailles…

Durant trois soirées au théâtre Monnot, l'accordéoniste vendéen Sébastien Bertrand s'est retrouvé sur scène à chanter, danser et à parler de son «Chemin de la Belle Étoile». Un parcours qu'il avait accompli jusque-là seul et qu'il a partagé dans son spectacle avec son Liban natal. 

Sébastien Bertrand a traduit en chansons sa joie de retrouver le Liban. (Michel Sayegh)

Entre deux luminaires suspendus diffusant une lumière chaude, intimiste et claire, et l'ancien magnétophone évoquant le travail de son père d'adoption, il y a le noir. Ce noir dans lequel le musicien a refusé d'y pénétrer car il dit «avoir perdu la clef des souterrains». Ce «dedans mal éclairé» qu'il sonde aujourd'hui en toute transparence. Ce noir, donc, qui est resté enfoui dans le cœur de Sébastien Bertrand où était ce Vincent Boucharra, dit-il, nom d'emprunt donné à la crèche Saint-Vincent-de-Paul en 1973 à un petit bébé de couleur brune et aux cheveux frisés, va rejaillir aujourd'hui dans la clarté du jour en chants, textes (subtilement écrits par son ami Yannick Jaulin) et même en danses. Seul sur les planches du Monnot, l'artiste qui, l'an dernier, est venu pour la première fois au Liban (après sa naissance) en compagnie de son ami Jaulin pour le Festival du conte, avait alors décidé de remonter le fil cassé de ses origines. Ce dernier, tel un enquêteur, a pris le soin de recueillir des propos des proches de Bertrand pour lui écrire un texte épuré, mais plein d'émotions, et «de collecter mon histoire car il faut connaître son passé pour mieux exister, dit mon père».

Destin et rencontres....
Un hymne à l'amour, aux retrouvailles. Un cri du cœur à tous les enfants un jour abandonnés devant le portique d'un orphelinat et un hommage à toutes les personnes responsables de s'occuper de ces bébés et de leur trouver des familles d'adoption.
Au son de l'accordéon qui respire et «souffle», Sébastien Bertrand emporte le public captivé pour un voyage initiatique, certes poignant, mais teinté d'espoir et de joie de vivre. Chargées de doux arômes de gaufres (que lui faisait sa grand-mère), de notes de musique apprises auprès des personnes âgées dont s'occupe son père, de souvenirs et surtout de ces parfums de l'enfance que nous avons tous au fond de nous, des époques de vie défilent devant l'audience en toute pudeur.
Invoquant sa mère biologique, il lui présente sa maman d'adoption, et son ton n'a pas d'aigreur ni de rancune, mais une confiance dans un avenir qui lui a été offert comme une bénédiction. «Les enfants, c'est important», dit Sébastien Bertrand. Il le sait bien puisqu'il est l'un de ces enfants qui ont un jour trouvé la chaleur et l'amour d'une famille.
Sur Le Chemin de la Belle Étoile (adresse de ses parents), Bertrand ne sera plus jamais seul et n'aura plus peur des dragons «car j'ai mon accordéon». Ce soir au Monnot, il n'était pas seul. Les religieuses de la crèche Saint-Vincent-de-Paul, ses parents adoptifs venus de France pour l'applaudir ainsi que sa grande famille française et libanaise étaient là pour le lui dire et le lui affirmer.
Entre deux luminaires suspendus diffusant une lumière chaude, intimiste et claire, et l'ancien magnétophone évoquant le travail de son père d'adoption, il y a le noir. Ce noir dans lequel le musicien a refusé d'y pénétrer car il dit «avoir perdu la clef des souterrains». Ce «dedans mal éclairé» qu'il sonde aujourd'hui en toute transparence. Ce noir, donc, qui est resté enfoui dans le cœur de Sébastien Bertrand où était ce Vincent Boucharra, dit-il, nom d'emprunt donné à la crèche Saint-Vincent-de-Paul en 1973 à un petit bébé de couleur brune et aux cheveux frisés, va rejaillir aujourd'hui dans la clarté du jour en chants, textes (subtilement écrits par...
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