La secrétaire indienne aux Affaires étrangères Nirupama Rao et son homologue pakistanais Salman Bashir se sont rencontrés à New Delhi. B. Mathur/Reuters
Deux hauts fonctionnaires, la secrétaire indienne aux Affaires étrangères Nirupama Rao et son homologue pakistanais Salman Bashir, se sont rencontrés à New Delhi pendant trois heures de discussions qui n'ont pas permis d'avancée concrète, mais revêtent une importance vitale pour la stabilité régionale.
« Nous avions commencé avec l'objectif d'engager une première étape vers la reconstruction d'une confiance et je crois que ma rencontre avec le secrétaire pakistanais aux Affaires étrangères a constitué cette première étape », a déclaré Nirupama Rao lors d'un point presse à l'issue de la réunion. « Nous sommes convenus de rester en contact », a-t-elle ajouté, estimant que l'heure n'était cependant « pas encore venue » de reprendre à part entière le dialogue de paix comme l'avait souhaité le Pakistan. Tout en reconnaissant les mesures prises par Islamabad pour traduire en justice les coupables des attentats de Bombay, Mme Rao a insisté sur le fait que l'Inde jugeait que ces mesures n'étaient pas « allées assez loin pour démêler entièrement la conspiration » derrière le carnage à Bombay.
Réagissant peu après à ces déclarations, son homologue pakistanais a estimé « injuste et irréaliste et, de notre point de vue, contre-productif (...) de continuer de mettre l'accent » sur ces attentats, jugeant que cela « freine le processus de relations élargies entre les deux pays ». Pressant l'Inde de reprendre un dialogue de paix global, M. Bashir a prévenu qu'aucun des deux camps ne pouvait se permettre de rester désengagé. « C'est une région nucléarisée. Il est important que l'Inde et le Pakistan s'engagent sur un grand nombre de sujets », a-t-il plaidé. « Nous ne sommes pas désespérés. Si l'Inde prend plus de temps pour réfléchir aux modalités d'engagement, nous, nous serons prêts », a ajouté Salman Bashir, affirmant que le terrorisme était la « priorité numéro un » de son gouvernement.
Interrogé par l'AFP, un analyste politique, C.U. Bhaskar, jugeait le résultat « aussi positif que possible » : sans avancée mais sans rupture. Le seul fait que les deux pays dotés de la puissance nucléaire se soient assis à la même table marque un tournant dans les relations bilatérales. Washington a joué un rôle-clé dans la reprise du dialogue, les États-Unis souhaitant que l'Asie du Sud reste stable, tandis que des dizaines de milliers de soldats se battent contre les talibans en Afghanistan. Depuis leur indépendance en 1947, trois guerres ont opposé les deux pays, dont deux portant sur la région disputée du Cachemire. New Delhi et Islamabad avaient lancé en 2004 un processus de paix, qui avait permis d'atténuer considérablement les tensions, notamment sur le Cachemire, une région à majorité musulmane, divisée en deux et secouée dans sa partie indienne par une insurrection séparatiste islamiste depuis 20 ans.


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