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Culture - Festival Al-Bustan

Les riches heures du baroque italien

La musique baroque à l'honneur avec le Concerto de'Cavalieri à l'auditorium Émile Boustany où, pour la seconde semaine consécutive, le Festival al-Bustan enchaîne avec ses soirées tous azimuts aux couleurs italiennes. Trois figures de proue de l'humanisme de la Renaissance avaient le vent en poupe : Arcangelo Corelli, Alessandro Scarlatti et Antonio Vivaldi.

Sept musiciens formant l’ensemble instrumental Concerto de’Cavalieri au Bustan. (DR)

Délices et vibratos des partitions aux mélodies élégantes, aux éclats feutrés, aux harmonies contrastées et aux notes bien tempérées.
Devant un public relativement restreint, pour ce grand tour du côté du baroque italien, officiaient, sous les feux de la rampe, sept musiciens formant l'ensemble instrumental Concerto de'Cavalieri. Aux violons Francesca Vicari et Antonio De Secondi, à la viole Pietro Massa, au violoncelle Daniele Bovo, à la contrebasse Luca Cola, à l'archiluth Luca Tarantino, et au clavecin, tout en assumant la fonction de direction,
Marcello Di Lisa.
Atmosphère de cour, douce, raffinée et délicate, avec une musique aux ondes chatoyantes, charriant de riches images d'une époque et des paysages du pays de Dante et de Michel-Ange. Contrepoints en chassé-croisé, harmonies qui enflent comme une vague jaillie du cœur des mers, ornementations savamment dentelées, basses continues aux murmures soutenus - ces saisissants ripienos - voilà tout l'art du «concertar» (l'art du dialogue) entre les instruments et les notes pour un concert voué exclusivement ici aux «concerti»...
Ouverture avec le Concerto RV 156 en sol mineur d'Antonio Vivaldi, le Prêtre roux, justement aux plus de 500 concerti. Concerti vibrionnants, frémissants, habillés de la joie de vivre et d'un lyrisme chargé d'une poésie à parfum des effluves de la mystérieuse Sérénissime, l'incomparable et unique ville des Doges.
Prend place ensuite le Concerto op VI n° 4 d'Arcangelo Corelli, violoniste et compositeur (peu prolifique, quand on le compare à ses contemporains), au génie musical précoce et l'un des maîtres incontestés de l'école baroque italienne. On savoure dans cet adagio vivace le coup d'archet d'un violoniste qui savait de quoi il parle, surtout quand il s'agit d'évoquer les remous et les ravages de la passion.
Alessandro Scarlatti, ce précurseur de Mozart, avec son sens du développement thématique, son audace des modulations, le naturel de l'expression mélodique et la sobriété de l'instrumentation, prend avec éclat le relais avec le Concerto n° 3.
Pour conclure la première partie de ce menu foncièrement plongé dans l'expression baroque de la péninsule, un Concerto pour violon RV 419 (tiré de La Stravaganza op IV n° 8) de Vivaldi où Venise, ses ombres, ses lumières, son indolence lacustre, ses
«vaporettos» et ses masques de carnaval, se profile au fil des notes. En solo du violon, Francesca Vicari restitue à ces pages fraîcheur, vivacité, sens du profane et du sacré, mystère et réalité...
Petit entracte et reprise avec le Concerto Op VI n° 8 de Corelli pour des cadences aux battements rapides et des mélodies aux tendresses insoupçonnées. Avec cette rêveuse Pastorale de la fin où se mêlent esprit ludique, envolées bucoliques et gravité.
C'est avec un infini plaisir qu'on savoure ce Concerto pour violoncelle RV 419 en subtiles tonalités «mineures» de Vivaldi et où le soliste Daniele Bovo fait étincelle avec ses «allegros» endiablés, ses mesures dextrement toniques et mesurées, ses embardées vite maîtrisées...
Toujours dans le sillage du Prêtre roux, un dernier Concerto (le RV121) où nuances, contrastes et sens de la mélodie fusionnent en une tessiture veloutée et caressante. Ah ces frémissements «saisonniers» de Vivaldi qu'on retrouve au détour d'une phrase, d'une mesure, d'une coda, d'une fioriture, d'un vibrato.
Applaudissements nourris d'un auditoire absolument charmé et conquis par une prestation au-dessus de tout éloge.
Pour le premier bis, Mozart en originaux instruments d'époque! Charme, légèreté, spontanéité et divine inspiration du génie de Salzbourg pour que le rêve et la magie italiens baroques se prolongent.
Pour le second bis, une vibrante et lumineuse Aria de J.-S. Bach. Inimitable et immortelle voix du cantor dans toute la splendeur d'un morceau reflétant en force tout le rayonnement de ce fervent esprit de l'humanisme de la Renaissance dans tout son éclat.
Ultime révérence des musiciens tout sourire, sous un nouveau crépitement d'applaudissements, tandis qu'arrivent sur scène gerbes de fleurs et bouteilles de vin joliment présentées.
Délices et vibratos des partitions aux mélodies élégantes, aux éclats feutrés, aux harmonies contrastées et aux notes bien tempérées.Devant un public relativement restreint, pour ce grand tour du côté du baroque italien, officiaient, sous les feux de la rampe, sept musiciens formant l'ensemble instrumental Concerto de'Cavalieri. Aux violons Francesca Vicari et Antonio De Secondi, à la viole Pietro Massa, au violoncelle Daniele Bovo, à la contrebasse Luca Cola, à l'archiluth Luca Tarantino, et au clavecin, tout en assumant la fonction de direction, Marcello Di Lisa.Atmosphère de cour, douce, raffinée et délicate, avec une musique aux ondes chatoyantes, charriant de riches images d'une époque et des paysages du pays...
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