Il s'agit de la première réponse écrite de l'Iran à l'AIEA concernant la proposition faite en octobre dernier de fournir du combustible nucléaire pour le réacteur de recherche médicale de Téhéran. Ce réacteur va manquer prochainement de combustible et l'Iran a demandé à l'AIEA de trouver un moyen de lui assurer des livraisons de barres de combustible. Sous la direction de Mohammad el-Baradei, l'AIEA avait proposé un plan international permettant à Téhéran d'acquérir ce combustible après avoir livré son uranium faiblement enrichi à la Russie où il devait être enrichi à 20 % puis être transformé en combustible en France, pays disposant de la technologie nécessaire pour fabriquer ces barres de combustible. La communauté internationale, qui soupçonne le programme nucléaire de l'Iran de poursuivre un objectif militaire et non seulement civil, comme l'affirme Téhéran, avait soutenu ce plan d'enrichissement de l'uranium iranien à l'étranger. Le régime islamique en revanche y voyait un stratagème, monté par les États-Unis, pour priver le pays de son uranium faiblement enrichi. Aussi Téhéran a demandé un échange simultané sur son territoire de l'uranium faiblement enrichi contre les barres de combustible, formule rejetée par la France, la Russie, les États-Unis et l'AIEA elle-même.
La lettre de M. Soltanieh a été transmise aux États membres concernés de l'AIEA, mais elle ne fait que réitérer les récentes demandes verbales des dirigeants de Téhéran. « Cependant, si l'agence n'est pas capable de répondre à ses obligations (...), alors l'Iran est prêt à échanger les éléments de combustible contre l'uranium faiblement enrichi produit à Natanz, de manière simultanée en une seule cargaison ou en plusieurs sur le territoire de la République islamique d'Iran », a souligné l'ambassadeur dans sa lettre.
Début février, l'Iran avait annoncé avoir commencé à enrichir à des niveaux plus élevés (20 %) son uranium à Natanz pour pouvoir produire lui-même le combustible nécessaire au réacteur de recherche. Ce développement avait conduit le nouveau directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, à s'inquiéter que l'Iran puisse être en train de développer une arme atomique, ce que Téhéran a démenti.
À Téhéran, le président Mahmoud Ahmadinejad a assuré que l'Iran demeure prêt à coopérer dans le domaine nucléaire avec les grandes puissances, selon l'agence officielle IRNA. « Nous accueillons favorablement toute main d'amitié qui sera tendue en notre direction, mais nous couperons toute main menaçante », a-t-il déclaré. « Aucune puissance ne peut porter atteinte à l'Iran », a-t-il ajouté. M. Ahmadinejad a réaffirmé que l'Iran n'avait pas l'intention de fabriquer une arme nucléaire. Toutefois, le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, estimant que Téhéran ne faisait rien pour inciter la communauté internationale à lui faire confiance, a averti que la patience des États-Unis à l'égard du programme nucléaire iranien est à bout. Pour sa part, la Chine a prôné de la « souplesse » et des « efforts diplomatiques » accrus pour résoudre la question.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine