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Liban

Au Vatican, Hariri promet un maintien de la parité islamo-chrétienne

Le Premier ministre Saad Hariri a insisté devant le pape Benoît XVI sur l'importance de la coexistence et de la parité islamo-chretiennes, au cours de son audience privée avec le souverain pontife, au Vatican, samedi.

Photo souvenir pour le Premier ministre et sa famille avec Benoît XVI.

Le Premier ministre Saad Hariri a été reçu en audience par le pape Benoît XVI au cours de sa visite de 24h samedi au Vatican où il a également eu des entretiens avec le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, et le ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège, Mgr Dominique Mamberti. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales, la situation au Liban ainsi que sur les développements politiques au Moyen-Orient.
Le Premier ministre est arrivé au Vatican accompagné de son épouse Lara, et de leurs enfants Houssam, Louloua et Abdelaziz. Il a été reçu en audience privée par le pape pendant trente minutes. Le souverain pontife a ensuite reçu Mme Hariri et les trois enfants, puis la délégation officielle libanaise qui était composée de l'ambassadeur du Liban au Vatican, Georges Khoury, du chef de cabinet du Premier ministre, Nader Hariri, ainsi que de ses conseillers Mohammad Chatah, Daoud Sayegh et Hani Hammoud.
Au cours de son entretien avec le pape, M. Hariri a mis l'accent sur l'importance du rôle des chrétiens, de la coexistence et de la parité islamo-chrétienne, ainsi que du rôle du Liban au niveau du dialogue des cultures. Il a assuré son hôte de l'intérêt qu'il attache personnellement à l'espace de dialogue entre les religions pour que le Liban reste un modèle de dialogue intercommunautaire et de coexistence pacifique, d'autant, a-t-il relevé, qu'il a adopté le principe de la modération comme base de son action politique.
M. Hariri, qui a officiellement invité le pape au Liban, lui a offert un manuscrit en arabe, Euchologe - Livre de prières, datant de 1633. Le manuscrit de 906 pages a été traduit du grec vers l'arabe par le patriarche d'Antioche Malatios Karma.
Quant au pape, il a offert au Premier ministre un stylo représentant l'un des quatre piliers de la cathédrale Saint-Pierre de Rome.
Par ailleurs, au terme d'une réunion de plus d'une heure avec le cardinal Bertone et Mgr Mamberti, le Premier ministre a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a exposé la teneur de son entretien avec Benoît XVI. Il a précisé que la conversation a porté, entre autres, sur le tourisme religieux au Liban, affirmant avoir demandé au pape d'encourager les chrétiens du monde à se rendre au Liban pour visiter les sites chrétiens importants.
Il a également souligné l'importance de la proclamation par le Conseil des ministres de l'Annonciation comme « fête nationale commune islamo-chrétienne ».
En réponse à une question, M. Hariri a qualifié d'« indispensable » la parité islamo-chrétienne. « Elle figure dans notre Constitution et elle est respectée dans la répartition des membres de notre Parlement », a-t-il rappelé. Il a en outre insisté sur l'importance du synode sur l'Orient qui se tiendra en septembre et en octobre au Vatican pour examiner la situation des chrétiens au Moyen-Orient.
Interrogé au sujet des menaces israéliennes contre le Liban, il a estimé que « le plus important reste de préserver la coexistence et d'éviter toute division dans le pays, car celle-ci nous affaiblit plus que n'importe quelle guerre ».
Et d'ajouter : « L'État libanais est souverain et prend ses propres décisions à ce titre. Partant, nous affirmons clairement que nous voulons l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui protège le Liban contre toute menace ou agression israélienne. »
M. Hariri a ensuite indiqué que les contacts se poursuivent avec les pays amis, comme la France, les États-Unis, l'Italie et l'Allemagne, « qui maintiennent des relations privilégiées avec Israël et à qui nous disons franchement ce que nous pensons des menaces israéliennes ».

Nous ne craignons pas la guerre
Et M. Hariri de poursuivre : « Nous ne craignons pas la guerre et nous ne devons pas vivre dans la crainte de la guerre comme si elle était inéluctable. Nous réagissons à ces menaces comme doit le faire un État responsable. Mais de là à dire qu'une guerre éclatera dans une semaine ou deux... À mon sens, ces menaces se limitent à ce niveau. »
Pendant son séjour au Vatican, le Premier ministre a reçu un appel téléphonique de la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, portant sur les efforts US déployés pour relancer le processus de paix au Moyen-Orient, la nécessité d'une application de la résolution 1701 et la protection du Liban des dangers régionaux qui le guettent.
Parallèlement, dans une interview au quotidien italien Corriere della Sera, M. Hariri a estimé que « le seul moyen de combattre l'extrémisme est d'instaurer la stabilité, la sécurité et la paix ».
Il a estimé que si les chrétiens, entre autres, quittent la région du Moyen-Orient, c'est « parce qu'il n'y a ni paix, ni stabilité, ni sécurité ». « Il y a près d'un million de réfugiés irakiens en Syrie et au moins 500 000 autres en Jordanie. Le problème avec les chrétiens est qu'ils sont une petite communauté et qu'ils sentent le besoin de fuir », a-t-il déclaré.
En ce qui concerne le Liban, M. Hariri a insisté sur le fait que « la parité entre musulmans et chrétiens sera maintenue pour toujours ». « Le Liban est le seul pays arabe à avoir un président chrétien. La lutte contre l'extrémisme est menée en montrant aux gens qu'ils ont des points communs. Voilà pourquoi j'ai proposé l'adoption de la fête de l'Annonciation (25 mars) comme fête nationale islamo-chrétienne et jour férié. Je voudrais réassurer les chrétiens que nous ne faisons qu'un », a-t-il encore insisté.
Commentant les problèmes générés par l'émigration en Europe, le Premier ministre a dit être conscient de ce problème, avant d'estimer que « les musulmans doivent procéder à un examen de conscience ». « Nos extrémistes deviennent plus radicaux. Je me considère un extrémiste en matière de modération. Voilà pourquoi je n'accepterai aucun argument, de quelque façon que ce soit, venant de n'importe quel extrémiste », a-t-il fait remarquer.
À la question de savoir s'il estimait que le Tribunal spécial pour le Liban a perdu de son élan, Hariri a répondu : « Laissons le tribunal faire son travail. Nous sommes chanceux d'en être arrivés là en 5 ans. En Sierra Leone, il a fallu attendre 7 ans avant d'obtenir une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. »
Au sujet de sa visite en Syrie, il a expliqué qu'en sa qualité de Premier ministre, il se doit de prendre en considération les intérêts du Liban. « J'estime aussi que de bonnes relations avec notre voisine, la Syrie, sont cruciales pour le Liban. Je ne suis pas parti à Damas pour entamer une relation personnelle avec le président Assad, mais pour veiller à l'égalité dans les rapports entre deux États. »
Concernant le fait que l'ambassadeur syrien à Beyrouth est considéré par certains comme pratiquement inexistant, M. Hariri a répliqué : « Il en est peut-être ainsi pour l'instant. Il ne faut pas être pressé. Mon père m'a toujours appris à voir la moitié pleine du verre et que de bonnes choses peuvent surgir des pires tragédies. »
Croit-il qu'une confrontation avec Israël est envisageable ? Hariri a répondu : « Israël menace tous les jours de déclencher une guerre et prétend depuis 2007 que celle-ci se justifie parce que le Hezbollah est représenté au gouvernement. Pourquoi ressorte-t-il cet argument de nouveau ? Parce qu'il prépare un prétexte à la guerre. »
Prié de dire s'il se considère, ainsi que le gouvernement, comme otage du Hezbollah et de ses armes, il a affirmé : « Ce n'est là qu'une interprétation des choses. Notre taux de croissance s'est accru à 8 %, je vois le boom du secteur touristique et un Liban de plus en plus riche en dépit de la crise internationale. Il existe certainement des divergences de vue politiques. Mais mon devoir de Premier ministre est d'unir le peuple du Liban. Nous avons assez souffert de nos divisions. Nous voulons être calmes, sensés et sages, nous voulons résoudre les problèmes à la conférence national de dialogue. »
Concernant la situation au Liban-Sud et les rumeurs qui circulent en Italie sur une éventuelle réduction du contingent italien de la Finul, Hariri a souligné « le rôle crucial de l'Italie et de la Finul dans le maintien de la stabilité au Liban-Sud », avant d'exprimer le souhait que Rome ne réduise pas le nombre de ses soldats au sein de la Finul et qu'il ne change pas sa politique envers le Liban.
Le Premier ministre Saad Hariri a été reçu en audience par le pape Benoît XVI au cours de sa visite de 24h samedi au Vatican où il a également eu des entretiens avec le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, et le ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège, Mgr Dominique Mamberti. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales, la situation au Liban ainsi que sur les développements politiques au Moyen-Orient.Le Premier ministre est arrivé au Vatican accompagné de son épouse Lara, et de leurs enfants Houssam, Louloua et Abdelaziz. Il a été reçu en audience privée par le pape pendant trente minutes. Le souverain pontife a ensuite reçu Mme Hariri et les...
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