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Hommage à Tony Tufenkji

Le meilleur des amis

On a souvent répété, dans le cercle de ses intimes et au-delà, que si Raymond Eddé n'a pas eu de descendance, il a au moins eu ce fils spirituel, cet enfant terrible s'il en est, querelleur, facétieux, fonceur, frondeur, turbulent, mais si attachant et d'une fidélité indéfectible.
J'ai connu Tony à un âge où l'on est encore un peu introverti, et où un ami comme celui-là vous tombe du ciel pour vous donner le goût de la fête et des autres. Il est entré à L'Orient-Le Jour en 1967 et il y resta jusqu'en 1976. Seule la guerre a pu mettre fin à nos longues années de camaraderie et de virées nocturnes, sans jamais altérer notre amitié.
Il a vécu en « ami de Raymond » jusqu'au mimétisme. Jusqu'à refuser comme le Amid de rentrer au Liban, pays pour lequel il éprouvait autant de tendresse que de rancune, autant d'admiration que de désillusion.
C'est donc à Paris qu'il a installé son observatoire, sans pour autant couper le cordon avec le pays natal, cordon d'ailleurs matérialisé par le téléphone. Lequel de ses amis n'a pas eu son lot de rendez-vous téléphoniques avec « Toté », avec « Tuftuf », avec le copain universel toujours impatient d'avoir des nouvelles d'ici et souvent mieux informé que quiconque.
Sauf que de nouvelles, c'est nous qui en réclamions ces derniers temps où, jusqu'au bout, connaissant notre Toté, ses talents de négociateur et son obstination à toujours vouloir le dernier mot, nous avons espéré un miracle.
Une telle vitalité était impossible à associer avec la mort. Il nous manquera.

Amine ABOU-KHALED

Pour Antoine Tufenkji

Cher Tony,
Tu vivais entre la réalité et le rêve. Tu voulais tellement que le monde se conforme à ton rêve. Nous commettions l'erreur de vouloir te ramener à la triste réalité des choses en bousculant ton rêve. Tu te rebiffais, tu te révoltais ; nous avions le tort stupide d'insister.
Cher Tony, tu auras emporté avec toi ton rêve.
Tu aimais profondément ton pays. Tu souhaitais pour lui - ardemment - un présent plus sain, plus ordonné, plus conforme aux normes institutionnelles et morales. Tu aspirais, pour le Liban, à un avenir apaisé et brillant.
Tu aimais tes amis, ceux qui étaient partis - comme le Amid Raymond Eddé, qui représentait pour toi un idéal - et ceux avec qui tu te retrouvais depuis des années à Paris. Nos réunions étaient joyeuses, taquines, quelquefois polémiques, toujours chaleureuses. Nos relations étaient empreintes d'une profonde, solide et complice amitié.
Tu portais à ta fille un amour sans limite. Nous te pleurons avec elle, avec la chère Joumana, et avec tes parents et tes amis.
Tu nous manqueras infiniment.

Wagih GHOSSOUB
Le meilleur des amis
On a souvent répété, dans le cercle de ses intimes et au-delà, que si Raymond Eddé n'a pas eu de descendance, il a au moins eu ce fils spirituel, cet enfant terrible s'il en est, querelleur, facétieux, fonceur, frondeur, turbulent, mais si attachant et d'une fidélité indéfectible.J'ai connu Tony à un âge où l'on est encore un peu introverti, et où un ami comme celui-là vous tombe du ciel pour vous donner le goût de la fête et des autres. Il est entré à L'Orient-Le Jour en 1967 et il y resta jusqu'en 1976. Seule la guerre a pu mettre fin à nos longues années de camaraderie et de virées nocturnes, sans jamais altérer notre amitié.Il a vécu en...