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Liban - Éclairage

Même le microvolet des municipales se retrouve lié au dossier régional !

Guerre, paix ou maintien du statu quo : la région traverse manifestement une phase transitoire. Aucun contour, ni pourparlers ni confrontation militaire, ne se précise encore franchement. Cette situation se répercute, bien évidemment, sur une scène politique libanaise marquée par un suivisme des axes forcené. Et qui, dès lors, attend que les choses s'éclaircissent, dans un sens ou dans l'autre, à l'extérieur. Ce qui les porte à geler leurs options concernant les dossiers intérieurs, même quand il s'agit des problèmes de la population au quotidien. D'où une possibilité de report des municipales, au cas où le tableau régional devait rester flou d'ici à juin.
Sans oublier que certaines parties, fortement liées à l'étranger, et sans doute sur sa recommandation, tentent manifestement d'exercer des pressions sur le régime, et sur le gouvernement, pour obtenir ce qu'elles veulent en termes de municipales. Pour mieux porter le pouvoir à rester dans la ligne, comme on dit, sans servir l'axe occidental ou arabe modéré. Comme sans faire avancer le projet d'État souverain, à travers le règlement de la question de l'armement du Hezbollah. Cela, au titre de la règle nouvelle dite de la démocratie consensuelle qui impose que toute décision soit prise à l'amiable, et à l'amiable uniquement, sans recours au vote en Conseil des ministres. Ce qui induit un blocage que l'on retrouve au niveau des nominations. Une logique de paralysie délibérée qui peut entraîner un report des municipales.
Cependant, selon un ministre, c'est l'insistance du président Michel Sleiman concernant la nécessité d'une réforme du code électoral, pour les municipales aussi bien que pour les législatives, qui explique l'adoption de la proportionnelle. À ses yeux, en effet, c'est là un moyen d'assurer une représentativité plus équitable, tout en préservant le pluralisme communautaire, partisan ou familial, dans les agglomérations, sans pour autant gommer les particularismes qu'assure le système majoritaire simple. Les composantes du pouvoir acceptent que la proportionnelle soit étendue à toutes les localités et non pas réservée aux grandes villes. De ce fait, le débat sur la division de la capitale en arrondissements perd de son acuité.
Mais la quasi-unanimité ministérielle autour de la proportionnelle ne signifie pas que la consultation populaire serait organisée dans les délais légaux. Et l'approbation des propositions de réforme du ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud ne veut pas non plus dire que les municipales auraient forcément lieu. De l'avis d'un responsable informé, c'est même plutôt le contraire qu'il conviendrait d'envisager. Car autrement, il n'y aurait pas eu autant d'atermoiements, et le débat sur les réformes, qui a déjà meublé cinq séances du Conseil des ministres sans encore de décision complète, serait déjà clos.
D'après les spécialistes, le report devrait être confirmé lorsqu'il faudra passer à l'examen des mécanismes concrets à retenir pour donner corps à la proportionnelle. On ferait alors valoir qu'il faut prendre du temps, beaucoup de temps, pour la vulgarisation de ce système, évidemment complexe, que le public doit bien comprendre afin de s'y habituer.
Quoi qu'il en soit, la prochaine séance, prévue pour le 27 du mois en cours, devrait mettre à nu les intentions des forces politiques qui se partagent le pouvoir. On saurait si elles veulent vraiment des municipales dans les délais ou, bien plus vraisemblablement, si elles préfèrent les reporter d'un an. Sous prétexte qu'il faut peaufiner le montage de la proportionnelle et organiser une campagne médiatique d'explications à destination de l'électorat. Certains optimistes veulent voir dans l'entente autour d'une proportionnelle qu'auparavant certains récusaient, comme dans la détermination du chef de l'État, une volonté commune que les municipales aient lieu en temps dû. Même si, finalement, il faut se résigner à les organiser sous couvert de l'ancien code. Un pis-aller éventuel que le président Sleiman, soucieux de faire respecter la Constitution dont il est le gardien, estime comme encore préférable à un report et, a fortiori, à une annulation du scrutin. Le courant favorable au rendez-vous normal a donc l'air ascendant, pour le moment. D'autant, du reste, qu'un grand nombre de localités se trouvent paralysées, du fait de la démission de leurs édiles ou de conflits internes. À ce propos, des politiciens proposent que l'on prévoie un système de rotation, de substituts ou d'alternance automatique assurant la continuité du fonctionnement d'un conseil municipal en cas de problème.
Cela étant, des cadres pensent que l'organisation des municipales cette année même permettrait au pays politique de sortir de sa léthargie. Tout en stimulant les institutions car les nouveaux conseils municipaux feraient forcément pression sur le gouvernement. Pour qu'il réactive ses administrations et lance des projets de développement bloqués par la paralysie qu'entraîne le conflit politique global.
Guerre, paix ou maintien du statu quo : la région traverse manifestement une phase transitoire. Aucun contour, ni pourparlers ni confrontation militaire, ne se précise encore franchement. Cette situation se répercute, bien évidemment, sur une scène politique libanaise marquée par un suivisme des axes forcené. Et qui, dès lors, attend que les choses s'éclaircissent, dans un sens ou dans l'autre, à l'extérieur. Ce qui les porte à geler leurs options concernant les dossiers intérieurs, même quand il s'agit des problèmes de la population au quotidien. D'où une possibilité de report des municipales, au cas où le tableau régional devait rester flou d'ici à juin.Sans oublier que certaines parties,...
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