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Mode - Fashion Week

L’automne-hiver 2010-2011 à New York

Vue des défilés de la Fashion Week de New York.

La Semaine de la mode automne-hiver 2010 est entrée dans le vif du sujet samedi 13 février à New York, avec un défilé Lacoste où le petit crocodile français a montré son immuable vivacité, tandis que le Libanais Georges Chakra se concentrait sur Hollywood.
La Fashion Week, qui s'est ouverte sur une note sombre avec l'annonce de la mort à Londres du créateur britannique Alexander McQueen, s'est tenue jusqu'au 18 février au rythme de dizaines de défilés quotidiens.
Certains stylistes comme Ralph Lauren sont célèbres depuis des décennies, d'autres ont été récemment propulsés sur le devant de la scène, notamment à la faveur du choix par la Première dame américaine Michelle Obama d'une tenue signée par eux.
Le vendredi 12 au soir, l'ex-mannequin-vedette Naomi Campbell, 39 ans, avait présidé avec Sarah Ferguson, duchesse d'York et ancienne épouse du prince Andrew, deuxième fils de la reine d'Angleterre, un défilé destiné à collecter des fonds pour les victimes du séisme en Haïti.
Sponsor de l'événement, American Express avait vendu un millier de billets entre 100 et 150 dollars, et les tenues portées par des célébrités et signées de divers créateurs - Naomi Campbell avait une robe signée Alexander McQueen - seront vendues sur le site Net-a-Porter à partir du 15 mars prochain.
Le lendemain, la Fashion Week s'ouvrait à Bryant Park, au cœur de Manhattan. Les défilés ont commencé à 9h00 du matin (14h00 GMT) alors que la nouvelle du décès d'Alexander McQueen n'était pas encore connue.
« Une voix non conformiste s'est éteinte », a déclaré à l'AFP Rebeccah Pailes-Friedman, directrice du département de la mode à l'Institut Pratt de New York. « Il a eu une très grande influence sur les créateurs et les amoureux de la mode depuis son irruption sur la scène avec son point de vue unique, qui juxtaposait beauté et agressivité. »
À Bryant Park, l'habituel public composé de rédactrices de mode, de photographes et de « fashionistas » était de retour, et la matinée a commencé avec la marque au crocodile Lacoste, qui jouit d'une réputation solide aux États-Unis.
Pour cette collection homme-femme, le directeur artistique Christophe Lemaire a opté pour des leggins moulants en tricot, base chaude pour des superpositions multiples. On peut les porter avec des minirobes ou des maxipulls, sous des capes ou des manteaux longs sans manches.
Et on peut rester dans les camaïeux ivoire-gris-perle, ou alors oser les couleurs, avec des mélanges rafraîchissants où le collant sans pied jaune moutarde est surmonté d'une minirobe en mohair framboise, ponctuée à la taille par une ceinture vert-olive. Sur la tête, on pose une petite toque en feutre moulé, et aux pieds les mocassins en daim ont des talons hauts.
Lacoste poursuit par ailleurs activement son programme pour le sauvetage des espèces en voie de disparition, lancé il y a un an. Première marque au monde à exhiber un logo - le crocodile - depuis 75 ans, Lacoste gère activement avec le WWF, la Banque mondiale et le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) un premier projet au Népal, pour la préservation du « gavial du Gange », une espèce de crocodile en voie d'extinction, reconnaissable à sa gueule fine et allongée.
Un premier groupe de gavials, élevés dans une ferme du Népal, vont être remis en liberté en mars et suivis grâce à un émetteur jusqu'à leur réinsertion dans leur habitat naturel, a expliqué à l'AFP Véronique Mauduit, responsable de la communication chez Lacoste.
L récession, le chômage et l'environnement ne sont pas les préoccupations principales de Georges Chakra. Le Libanais venu de la haute couture, qui présente à New York sa troisième collection de prêt-à-porter, continue à penser à Hollywood, où on l'aime.
Devant un parterre comble, où pointaient beaucoup de Libanais aisés, il a confirmé son talent, et sa conviction que toute femme qui se respecte n'apparaît pas avant 18 heures. Avec une ligne faite de petites robes de cocktail moulantes aux savants décolletés découpés dans le dos, puis de robes longues à traîne prêtes pour les Oscars, portées avec de longs gants en dentelle noire ou sous un manteau long en satin rouge feu.
Parmi les créateurs au programme, Donna Karan, Catherine Malandrino et Diane von Furstenberg devaient montrer leurs collections durant le week-end. Samedi soir, le magazine Arise présentait aussi pour la troisième fois un groupe de stylistes africains qui défilent sous un label commun, « African Collective ».

Marc Jacobs s'assagit, Donna Karan revient au « tout noir »
Longtemps qualifié d'« enfant terrible » de la mode, le créateur américain Marc Jacobs s'est assagi et a présenté lundi 15 février au soir à New York une collection automne-hiver 2010 élégante, impeccable et étonnamment portable.
Jupes grises à plis plats portées sous des capes en daim également gris, manteaux en bouclette de mohair, petites vestes en fourrure : une ligne faite pour plaire aux distributeurs et aux clientes « mûres » a été présentée par des mannequins aux cheveux lisses et au maquillage normal, loin des Pierrot lunaires et des héroïnes diaphanes et déjantées que Marc Jacobs aime d'ordinaire mettre en scène.
La foule de fanatiques du créateur quadragénaire était au rendez-vous, et l'ancienne armurerie du quartier de Gramercy (sud-est de Manhattan) avait été transformée en château-fort, où les sacs étaient fouillés à l'entrée et même les bouteilles d'eau étaient interdites.
Après avoir fait attendre trois heures son public il y a deux ans, Marc Jacobs met un point d'honneur à commencer à l'heure, et l'arrivée de la rédactrice en chef du Vogue américain Anna Wintour, quelques minutes avant 20 heures (1h00 GMT mardi), a lancé le signal de départ du défilé, dans une enceinte minimaliste entièrement tapissée de carton et de papier kraft.
Même les chaussures étaient revenues à une norme terrestre, petits talons et socquettes permettant à la femme de se rendre à son travail ou au marché en ayant chaud aux pieds et sans risquer de se rompre le cou. Un détail qui a dû perturber nombre de spectatrices, qui continuent à chausser, pieds nus, d'invraisemblables talons, dans une ville où la neige s'est transformée ces derniers jours en plaques de glace.
Si en bon précurseur, Marc Jacobs semble avoir donné le signal d'un nouveau départ, il a sans doute été accompagné par Donna Karan. La créatrice new-yorkaise, qui célèbre 25 ans de succès, a présenté lundi une collection au noir dominant, faite de robes très « couture », bien coupées, agrémentées de cols ou de jabots, mais simples et destinées aux femmes qui travaillent, un de ses refrains depuis toujours.
Et si elle ne propose pas de tailleurs-pantalon, ses tenues grises, noires ou bleu nuit, portées avec des coiffures nettes, marquées par des bandeaux et sans boucles, permettent aux femmes de la finance de se rendre à Wall Street sans singer les hommes.
Présentes dans la salle, les actrices Demi Moore, Brooke Shields et Susan Sarandon, toutes trois militantes des droits des femmes, ont apprécié le message.
Parmi les jeunes « qui montent », la créatrice Devi Kroell, qui a commencé sa carrière à New York en créant des accessoires de luxe, a présenté une collection sophistiquée et attrayante, avec des sarouels scintillants, des robes bustiers mauves en plumes et des fourrures tricotées vert et mauve.
Cédant à la tendance de la saison, faite de manteaux sans manches, de fourrures courtes et travaillées, sur des robes en lurex ou des pantalons cigarette, elle n'a pas oublié de faire porter aux mannequins des pochettes, des sacs à petites anses ou des besaces de luxe, sa marque de fabrique.
La Semaine de la mode de New York, premier des quatre grands rendez-vous biannuels des créateurs de prêt-à-porter avant Milan, Londres et Paris, s'est clôturée hier jeudi 18 février avec la présentation des collections d'Isaac Mizrahi, Ralph Lauren, qui vient de fêter ses 70 ans, et Calvin Klein. Elle se déroulait pour la dernière fois sous les tentes de Bryant Park, non loin de Times Square, avant le déménagement dans des locaux beaucoup plus spacieux au Lincoln Center (ouest de Manhattan) prévu à l'automne prochain.
La Semaine de la mode automne-hiver 2010 est entrée dans le vif du sujet samedi 13 février à New York, avec un défilé Lacoste où le petit crocodile français a montré son immuable vivacité, tandis que le Libanais Georges Chakra se concentrait sur Hollywood. La Fashion Week, qui s'est ouverte sur une note sombre avec l'annonce de la mort à Londres du créateur britannique Alexander McQueen, s'est tenue jusqu'au 18 février au rythme de dizaines de défilés quotidiens. Certains stylistes comme Ralph Lauren sont célèbres depuis des décennies, d'autres ont été récemment propulsés sur le devant de la scène, notamment à la faveur du choix par la Première dame américaine...
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