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Culture

Al-Mawssam 2010 sème le théâtre à tout vent

La saison 2010 de al-Mawssam est lancée. Cette initiative, signée Zico House, est un projet de développement ayant pour but, à l'origine, d'offrir à la scène locale des saisons culturelles diverses.

En 2009, des metteurs en scène et techniciens professionnels s'étaient rendus dans les provinces animer des ateliers de travail étalés sur un mois, avant de présenter le spectacle final à Beyrouth.
«Nous voulions créer des troupes de théâtre dans les villages visités», rappellent les organisateurs, Moustapha Yamout (alias le fameux Zico) et Roula Kobeissy. Quatre metteurs en scène avaient été assignés dans des villages du Nord, du Sud, de la Békaa et du Chouf. «Nous avons ainsi pu dénicher des talents et les encourager à poursuivre des études dans les domaines artistiques et créatifs», soulignent-ils.
Toujours dans l'esprit d'éloigner la jeunesse des dissensions politiques et confessionnelles, Zico House fait rebelote cette année, mais prend le sens contraire. «Nous avons sélectionné six pièces de théâtre (Zazan, de Nehmeh Nehmeh, How to fall in love with books, de Abed el-Rahim Awji, Mitelna Mitlak, de Lucien Bou Rjeili; Mahmoud el-Hourani; Arabiyetna, du collectif Kahraba, et Page 7 de Issam Bou Khaled et Fadi Abou Samra). Ces dernières - reprises ou nouveautés - sont montrées au théâtre al-Madina en présence de représentants de plusieurs municipalités. «Ces responsables culturels choisissent l'œuvre qui leur plaît et nous arrangeons une tournée dans les régions. Les performances ont justement la particularité d'être faciles à transporter en dehors de la villa. Servant ainsi le but principal de al-Mawssam qui est la décentralisation.
«Tout cela part de notre conviction que la culture est le meilleur vecteur de paix civile, ajoute Zico. Et que la durée de vie d'un spectacle qui se monte à Beyrouth est trop courte pour pouvoir générer des revenus substantiels. Envoyer les spectacles dans les provinces permet d'allonger leur vie, d'élargir leur visibilité, de les animer et d'augmenter les revenus.

« Majmouat masrahouna »
Dans cette même veine théâtrale et toujours dans un souci de pérennité, Zico House vient de lancer un projet de longue haleine et assez ambitieux. Il s'agit d'imprimer et de publier des pièces de théâtre libanaises dans le cadre d'une collection intitulée Majmouat masrahouna. Six pièces de théâtre ont ainsi vu le jour, dans le cadre de «Beyrouth, capitale du livre» et avec le soutien de la fondation Prince Klaus. «Les années soixante ont connu une activité théâtrale fébrile, toutefois ce patrimoine de valeur risque de tomber dans l'oubli. En effet, la plupart de ces scénarios ont été rédigés manuellement et il serait difficile d'en retrouver certains.
C'est donc une véritable sauvegarde du patrimoine dramaturgique que tente d'opérer Zico aujourd'hui.
«Nous voulons offrir ce patrimoine aux jeunes qui en ont entendu parler, mais n'ont pas eu le loisir d'en profiter.» Le but est également
d'aider les créateurs, écrivains, producteurs et directeurs à faire de sorte que ce patrimoine ne puisse
disparaître. Afin de le réactiver et le renouveler.
Le début se fait avec trois personnalités qui ont donné leur accord.
«Ainsi, une documentation sérieuse de l'histoire du théâtre aura lieu, dans l'espoir qu'elle se poursuive», conclut Moustapha Yamout.
Raymond Gebara, Jalal Khoury et Rafic Ali Ahmad sont les trois mousquetaires qui ont proposé des textes à l'impression. Zakr el- Nahl, de Raymond Gebara, une pièce composée et présentée au Festival de Baalbeck en 1970, inaugure la série.
Jalal Khoury a proposé son Mouhawarat Chahine wa Tansa (Les échanges de Chahine et Tansa). « Si vous faites attention au titre, il possède des sonorités proches de Don Quichotte et Sancho Panza, précise Khoury, qui avoue une fascination sempiternelle pour le chef-d'œuvre de Cervantès. «Une œuvre d'une telle densité et d'une telle richesse a l'immense avantage de pouvoir s'adapter à tous les âges, à tous les lecteurs, à toutes les sensibilités», indique l'homme de théâtre, qui ne cache pas s'en délecter et en faire son miel. Khoury s'est en effet penché sur ce passionnant récit et avoue être en train de construire, pas à pas, un impressionnant monument théâtral à la gloire de l'ingénieux castillan.
Rafic Ali Ahmad souligne, pour sa part, que le besoin d'adaptation justifie à lui seul que soient engagées régulièrement de nouvelles lectures d'une œuvre qui défie le temps et révèle continuellement de secrets trésors.
Or, c'est bien dans cet esprit et dans ce cadre-là que la série Majmouat masrahouna est offerte au public.
En 2009, des metteurs en scène et techniciens professionnels s'étaient rendus dans les provinces animer des ateliers de travail étalés sur un mois, avant de présenter le spectacle final à Beyrouth. «Nous voulions créer des troupes de théâtre dans les villages visités», rappellent les organisateurs, Moustapha Yamout (alias le fameux Zico) et Roula Kobeissy. Quatre metteurs en scène avaient été assignés dans des villages du Nord, du Sud, de la Békaa et du Chouf. «Nous avons ainsi pu dénicher des talents et les encourager à poursuivre des études dans les domaines artistiques et créatifs», soulignent-ils.Toujours dans l'esprit d'éloigner la jeunesse des dissensions politiques et...
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