Mona Merhi, initiatrice du projet « Sahbeh ». (Wassim Daou)
Son initiatrice, Mona Merhi, raconte qu'elle est partie du constat suivant : les gens vont difficilement à la recherche de livres. Pourquoi ne pas amener ces derniers vers eux ? Ou du moins une partie, un extrait, assez en tout cas, pour titiller leur curiosité et les pousser ainsi à fréquenter les bibliothèques publiques ou autres libraires ?
Cette idée, qui germe dans sa tête depuis trois ans, elle l'a proposée au comité de sélection de « Beyrouth, capitale mondiale du livre ». Huit mois plus tard, au terme de nombreuses lectures et sélections, mais aussi de moult déplacements, rendez-vous et réunions, la voilà qui lance l'opération Sahbeh, et ses carnets miniatures, dans le cadre de « Beyrouth, capitale mondiale du livre », sous l'égide du Mouvement permanent de la paix et sous le patronage du ministère de la Culture.
Sahbeh est un projet à but non lucratif, visant à promouvoir la lecture, affirme Merhi, en indiquant que « durant la première phase, nous offrirons au public des collations de lecture gratuites qui sont attrayantes et facilement accessibles ».
36 000 mini-livres multicolores - 15 textes ont déjà été sélectionnés par un comité de lecture - seront ainsi lancés et distribués dans 30 lieux, supermarchés et établissements scolaires confondus. Parmi les auteurs retenus : Patrick Süskind, Gabriel Garcia Marquez, Salam el-Rassi, Wadih Saadeh, Milan Kundera, Souha Awad, David Habchi...
En deuxième phase, un concours intitulé « Qui a dit que la lecture ne peut pas rapporter gros » sera lancé dans les écoles publiques et privées. Les participants devront choisir l'œuvre littéraire qui les a le plus marqués et répondre à quelques questions relatives à cette dernière. Ce concours sera accompagné de séances de débats faisant participer les élèves autour de l'importance de la lecture.
Sahbeh, quel drôle de nom pour un projet à portée littéraire ? Mona Merhi sourit et précise que « Sahbeh, synonyme de tirage au sort, est en fait inspiré de ces gadgets que nous achetions quand nous étions petits et qui étaient enroulés dans du papier journal », dit-elle en évoquant la surprise et le bonheur de découvrir « ce qui se trouvait caché dedans : une bague, un yo-yo ou un petit jeu en plastique... ». « Les mini-livres de Sahbeh sont un peu pareils à ce jeu-là... », conclut-elle.
Après le fast-food, voici donc le fast-reading ou la lecture rapide. À consommer, sur place ou ailleurs, sans modération.

