Rappelons que les travaux de ce colloque, organisé par l'Université antonine, ont été suspendus jeudi par la direction de l'établissement après que la vice-présidente de l'université pour les affaires culturelles, Pascale Lahoud, eut accrédité et repris à son propre compte un article paru dans une revue étrangère dénonçant la « corruption » de Rafic Hariri et de Sélim Hoss, et, d'une manière générale, de la présidence du Conseil.
Ces propos ont provoqué un tollé dans les milieux sunnites. Le Premier ministre Saad Hariri a retiré son parrainage qu'il avait assuré au séminaire, et MM. Fouad Siniora, Sélim Hoss et Tammam Salam, qui devaient intervenir au cours du colloque, ont suspendu leur participation.
Des normes à respecter
Commentant l'incident, le ministre de l'Information, Tarek Mitri, a indiqué hier que « ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté d'expression », précisant qu'il y a des normes à respecter pour les cérémonies d'ouverture de colloques et de congrès, à savoir que l'hôte qui organise l'événement a « pour mission d'expliquer l'objectif de la conférence et de présenter le programme et les sujets qui seront discutés, et non pas de commencer son allocution par une prise de position, même s'il s'agit de citer des extraits d'un article », a-t-il dit.
« Si les propos tenus s'inscrivaient dans le cadre d'une intervention, celle-ci aurait fait l'objet d'une discussion, a déclaré M. Mitri. Or ce qui s'est passé est clairement une atteinte aux règles de la bienséance, adoptées dans le cadre de l'organisation des conférences internationales », a insisté M. Mitri. Et d'ajouter que la question « des mesures disciplinaires à prendre concerne l'université ».
Les précisions du président de l'université
Interrogé par l'agence al-Markaziya sur les mesures que l'institution académique compte prendre en vue de remédier à l'impair, le président de l'université a affirmé que « les contacts sont en cours ». « Nous respectons les sentiments des uns et des autres, et nous ne pouvons ignorer ce qui s'est passé, a-t-il souligné. L'incident a été amplifié », a affirmé le père Rajeh, qui a annoncé que des rencontres auront lieu prochainement avec tous ceux qui se sont sentis injustement visés car « nous respectons toutes les parties concernées et nous sommes attachés à leur amitié, d'autant que l'université est une tribune pour accueillir les débats et pour les échanges d'idées », a-t-il précisé.
« Il est des questions rationnelles qui doivent être soulevées de manière sérieuse, tout en respectant les sentiments des gens, a déclaré le père Rajeh. Une partie importante du public appartenant à une certaine couleur politique s'est estimée visée. Or cela n'était pas du tout l'objectif de la conférence car les questions sont soulevées ici de manière objective, et la conférence se poursuivra », a commenté le père Rajeh. Le colloque sur la présidence du Conseil reprendra « lorsque tout le monde sera convaincu que l'objectif de ce débat est de servir la société libanaise et non de s'en prendre à qui que soit », a-t-il déclaré.
« Après la publication du communiqué de l'université, les choses se sont quelque peu décantées », a encore ajouté le président de l'établissement, qui a précisé que « les contacts personnels sont nécessaires pour pouvoir discuter de cette affaire tranquillement », ajoutant que les responsables de l'institution universitaire effectueront des visites auprès de tous les responsables concernés.

