Le bâtonnier de Tripoli, Antoine Ayrout, a tenu deux réunions hier, la première avec d'anciens bâtonniers et membres de conseils de l'ordre, la seconde avec un certain nombre d'avocats en exercice, pour recueillir leur avis sur le sujet.
M. Ayrout a critiqué hier « l'attitude quotidienne irresponsable » de certains membres du service d'ordre du Palais de justice, affirmant que « tous les syndicats en souffrent, et non seulement les avocats ». « Il ne s'agit d'attaquer personne, mais de mettre le doigt sur la plaie », a-t-il ajouté. Et de préciser que s'il fait preuve de fermeté, c'est également contre les membres de son ordre même, dont une centaine ont été radiés du barreau pour avoir enfreint les règles du métier ou parce qu'ils ont quitté le pays.
M. Ayrout a également affirmé avoir interrogé les avocats victimes de « l'agression » de mardi, « pour en déterminer les circonstances en toute objectivité ».
La réaction des autorités de tutelle ne s'est pas fait attendre. Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, s'est informé personnellement auprès du parquet de la cour d'appel de Tripoli des circonstances de l'incident de mardi. Il a ensuite pris contact avec le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, ainsi qu'avec les bâtonniers des deux ordres d'avocats de Beyrouth et de Tripoli, proposant que les Palais de justice jouissent d'une immunité qui interdise aux forces de l'ordre d'y intervenir, sinon à la demande des parquets et des magistrats compétents en matière pénale, ou encore, dans d'autres cas, sur avis du premier président dans chaque mohafazat et du délégué du bâtonnier au palais. « Nous voulons préserver à la fois la dignité des avocats et l'autorité de la loi », a dit M. Najjar.
Le ministère de l'Intérieur a immédiatement réagi, en totale adéquation avec la requête du ministre Najjar. « Suite aux déclarations du professeur Najjar et après que les mesures adéquates eurent été prises contre les éléments des FSI qui étaient intervenus à la demande d'un employé du ministère de la Justice, le ministre Ziyad Baroud a donné ses directives afin que soient retirés des enceintes des tribunaux tous les hommes chargés de la sécurité, qui se contenteront désormais de surveiller l'extérieur des Palais de justice et l'accès à ces lieux », indique ainsi le ministère dans un communiqué publié en soirée.


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