Ce qui est reproché à ces médias est de présenter tambour battant les développements actuels comme devant mener inéluctablement à un conflit militaire, alors même que des assurances ont été fournies à ce sujet aux responsables libanais dans leurs contacts à l'étranger, et notamment en Occident.
Ce qui irrite les milieux économiques, c'est de constater que les Cassandre ont un effet dévastateur sur la dynamique des investissements dans le pays. Des investisseurs étrangers, notamment asiatiques, ayant, en effet, lu ou entendu qu'une guerre entre Israël et le Liban était considérée comme inévitable, ont alors préféré s'abstenir pour le moment d'avancer le moindre sou.
Les milieux économiques manifestent en outre leur irritation à l'égard du comportement de certains ministres, en particulier ceux de la minorité parlementaire.
Selon ces milieux, les prises de position de ces ministres reflètent la persistance du climat de désaccord et de conflit dans le pays, comme si la mise en place du gouvernement de coalition n'avait eu aucun effet sur ce plan. Cela a conduit jusqu'ici à geler la productivité du gouvernement, lequel ne parvient pas à avancer, comme c'est le cas par exemple pour ce qui est des nominations.
En fait, à en croire des sources de la majorité, ce comportement n'est pas étranger à la période d'attentisme prévalant à l'heure actuelle chez l'ensemble des acteurs, tant locaux que régionaux.
C'est dans ce cadre qu'il convient de placer le gel du train de mesures que la Syrie était censée prendre après la visite du Premier ministre, Saad Hariri, à Damas, et notamment la visite au Liban d'une délégation officielle de haut niveau et le commencement des travaux de délimitation de la frontière libano-syrienne.
Selon les mêmes sources, la Syrie est déterminée actuellement à geler ces activités en attendant de connaître la position américaine à son égard, Damas n'ayant obtenu jusqu'ici qu'une seule demande formulée auprès de Washington, à savoir le rétablissement d'un ambassadeur des États-Unis.
De plus, des visiteurs de Damas rapportent que les dirigeants syriens sont loin d'être satisfaits de la politique gouvernementale libanaise. Les Syriens considèrent que plusieurs points sur lesquels un accord était intervenu lors de la visite de M. Hariri n'ont pas été respectés par la partie libanaise, ajoutent ces visiteurs sans préciser quels sont ces points.
Pour nombre d'observateurs, les positions en flèche adoptées dans les milieux de la minorité contre le gouvernement ou son chef ne sont pas étrangères à ce mécontentement de Damas.


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