Une fois de plus un des grands vient de s'éteindre.
Ensemble sur un grand parcours de presque 70 ans, sa disparition ne pouvait que causer de la peine et beaucoup de douleur.
Bien que venant chacun de racines bien différentes, lui chrétien croyant avec un attachement libaniste bien prononcé, moi musulman toujours à la recherche de la foi, profondément unioniste et nationaliste arabe, « le Liban d'où nous venons » nous a offert l'espace de développer une profonde relation de respect, d'amitié, de dialogue et de rêves durant toutes ces années tumultueuses qui ont secoué le Liban.
Henri n'était pas seulement un architecte qui a laissé ses empreintes sur le courant contemporain de l'architecture libanaise, il a été aussi un grand parmi ceux dont la planification et le développement étaient le seul moyen de bâtir le Liban de nos rêves.
Avec un courage et une honnêteté rares, inflexible contre la médiocrité et la corruption, il a essayé comme architecte, urbaniste, ministre et président de l'ordre des ingénieurs et architectes de jeter les bases de la gérance publique structurée et illuminée.
Malheureusement, les rêves d'un Liban stable et tolérant, d'un État égalitaire, progressiste, transparent et ouvert ont tous tourné en cauchemars suffocants et déstabilisants.
Pour nous tous, la génération d'Henri, pour moi surtout, la mémoire d'Henri restera toujours dans ses moments de gloire et même de déception. Elle restera toujours en veilleuse dans ma conscience.
Henri était bien libanais, mais il venait d'un autre monde.
Assem SALAM
Ex-président de l'ordre des ingénieurs et architectes

