La présence du Premier ministre, Saad Hariri, à la réunion de dimanche a renforcé le sentiment d'unité et de partenariat au sein de l'alliance, un sentiment qui avait été mis à mal ces derniers temps dans l'opinion du fait de plusieurs facteurs, parmi lesquels le repositionnement du chef du PSP, Walid Joumblatt, et les contraintes qu'impose à M. Hariri son accession au poste de chef d'un gouvernement de coalition nationale.
Mais c'est surtout les propos tenus par M. Hariri au cours de la réunion, lorsqu'il a affirmé que « seule la mort » le séparerait de ses alliés du 14 Mars, qui ont mis fin à toute une série de rumeurs qui circulaient depuis quelque temps sur le démantèlement de l'alliance et la fermeture des bureaux de son secrétariat général.
La prise de position de Saad Hariri est venue confirmer la pérennité du 14 Mars et, surtout, démentir les allégations selon lesquelles la visite du Premier ministre à Damas avait été conditionnée par la fin de l'alliance et la disparition du secrétariat général.
En d'autres termes, cela signifie que l'ouverture consentie par M. Hariri en direction de la Syrie et sa visite à Damas n'ont pas entraîné, comme certains ont pu le croire, sa sortie du 14 Mars et de la révolution du Cèdre.
En outre, ce regain pour l'alliance n'est que partiellement entaché par l'absence de M. Joumblatt, dans la mesure où la base populaire de ce dernier reste visiblement ancrée au 14 Mars.
Quant au communiqué final de la réunion du Bristol, il a su opérer la synthèse entre deux exigences : d'une part, celle du maintien des constantes de la révolution du Cèdre, de l'autre, celle d'user d'un ton calme et souple en harmonie avec les impératifs actuels de pacification et de stabilité politique.
Cela étant dit, certaines parties au sein de la minorité se sont efforcées de minimiser l'importance de ce qui s'est passé dimanche au Bristol, en mettant l'accent sur le fait qu'un pilier essentiel du 14 Mars s'est effondré et que, par conséquent, l'édifice tout entier est devenu branlant.
Pour ces milieux, la réunion du Bristol se limite à une tentative de renflouement menée par certains faucons du 14 Mars et qui, selon eux, est appelée à échouer.
En outre, des voix s'élèvent au sein de la minorité pour critiquer ce que l'on considère être une exploitation de la commémoration de l'attentat contre Rafic Hariri dans le but de renflouer le 14 Mars.
À cet argument, les milieux de la majorité rétorquent que celle-ci n'a jamais empêché quiconque de prendre part à la commémoration et que toute partie qui tente de poser des conditions pour sa participation ou qui lie celle-ci à autre chose cherche en réalité une excuse pour ne pas y prendre part.
Pour que la commémoration prenne un caractère national et rassembleur, il suffit que des dirigeants de la minorité y participent, souligne un responsable du 14 Mars. Personne, ajoute-t-il, ne saurait donc imposer de quelconques conditions à sa participation.
D'autre part, ce responsable invite la minorité à cesser de miser sur l'éclatement du 14 Mars. Dans le temps, certains ont fait ce pari et ils ont été déçus, dit-il.
En effet, les contestations et les différences qui existent au sein de l'alliance ne sauraient être considérées comme des actes sécessionnistes radicaux, explique ce responsable.

