À Pékin, Zhu Weiqun, un responsable d'une organisation sous l'égide du Parti communiste chinois, a souligné que « les relations entre le gouvernement (chinois) et le dalaï-lama faisaient totalement partie des affaires intérieures chinoises ». Cet avertissement intervient juste après que la Chine a dénoncé la vente d'armes américaines à Taïwan comme « une ingérence grossière » des États-Unis dans ses affaires intérieures. Ulcéré par la conclusion annoncée vendredi d'un contrat de plus de 6,4 milliards de dollars de ventes d'armements américains à l'île considérée comme rebelle par Pékin, le gouvernement chinois a aussitôt suspendu ses échanges militaires avec les États-Unis et annoncé des sanctions.
Dans la soirée, un porte-parole de la Maison-Blanche a néanmoins indiqué que M. Obama a toujours l'intention de rencontrer le dalaï-lama, malgré la colère de la Chine.
Le gouvernement tibétain a, pour sa part, rejeté les menaces chinoises. « Nous avons le sentiment que le rôle des États-Unis est de faciliter un dialogue juste et honnête entre les émissaires du dalaï-lama et le gouvernement chinois », a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement tibétain en exil, Thubten Samphel. « Les États-Unis soutiennent l'approche de Sa Sainteté considérant que la question du Tibet doit être résolue dans le cadre de la Constitution chinoise », a ajouté M. Samphel.
Zhu Weiqun a, par ailleurs, souligné que le dialogue avec les envoyés du dalaï-lama la semaine dernière en Chine avait mis en lumière de « profondes divisions » entre les deux parties sur le statut du Tibet, région de l'ouest de la Chine. Pékin avait indiqué lundi avoir réaffirmé aux représentants du dalaï-lama son refus de toute concession sur la souveraineté chinoise au Tibet. « Les intérêts nationaux (de la Chine) sont inviolables et il n'y a pas de place pour des discussions sur les questions de souveraineté nationale et territoriale », a déclaré le gouvernement, cité par l'agence Chine nouvelle. Les représentants du dalaï-lama ont déclaré de leur côté hier avoir demandé la semaine dernière au gouvernement chinois de mettre fin à ses accusations « sans fondement » contre leur chef spirituel, qualifié par Pékin de séparatiste.


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