Le christianisme et le développement de ses coutumes donnèrent l'impulsion pour une extension rapide de la fabrication des bougies. Le cierge est également une bougie, mais cette appellation est spécifique à la longue chandelle de cire brûlée dans les églises. Les temples religieux offrent également des bougies votives, soit le lampion. Celui-ci est allumé en reconnaissance et pour veiller sur un disparu. La chandelle par contre est une tige de suif et de résine utilisée pour l'éclairage. Le temps était aussi calculé avec la bougie : sa consumation, dépendant de sa taille, pouvait durer une heure ou deux, ou trois, et servait dès lors de montre. Les scribes et les enlumineurs de l'époque calculaient ainsi leur travail de rédaction, ce qui contribuait à monnayer plus ou moins le travail accompli.
Au Moyen Âge, la technologie des bougies se développa rapidement grâce à l'utilisation de la cire d'abeilles. Celle-ci était une matière première que l'on ne trouvait pas en grande quantité et qui était plutôt précieuse et donc réservée aux églises et aux maisons princières. C'est seulement à la fin du XVe siècle que la cire d'abeilles fut introduite dans les maisons des bourgeois aisés. Jusqu'au XVIIIe siècle, le théâtre était éclairé à la chandelle. Il fallait des milliers de chandelles par soirée, ce qui représentait une somme colossale à l'époque. Si les bénéfices rapportés par la représentation n'étaient pas suffisants, ils ne couvraient même pas le prix des chandelles. D'où l'expression : « Le jeu ne vaut pas les chandelles. » C'est entre 1830 et 1940 que les matières premières servant à fabriquer les bougies, la paraffine et la stéarine furent découvertes. C'est la paraffine que l'on utilise en majeure partie, car ses caractéristiques chimiques et physiques sont beaucoup mieux adaptées à la méthode de production des bougies. L'ajout de certaines résines et de colorants divers permet aujourd'hui de produire des bougies dont la cire ne coule pas lorsque allumée et qui se consume totalement.
Après avoir été pendant des millénaires l'une des sources d'éclairage la plus utilisée, notre monde moderne continue à être fasciné par les bougies. Les bougies décoratives sont légion et toujours avec une touche manuelle. Bien que le trempage des couches de cire autour de la mèche soit souvent un processus mécanisé, l'art décoratif de la bougie est toujours la touche personnelle du créateur. Une boutique de bougies pourra vous procurer divers types de bougies : bougie flottante, bougie à plusieurs mèches, bougie parfumée (très prisée), ou encore des bougies qui se réallument spontanément sur un gâteau d'anniversaire essoufflant le concerné et suscitant l'admiration des plus âgés (quelle technologie !). Ce qui est indéniable, c'est que la bougie est l'invitée incontournable des dîners romantiques et reste le meilleur moyen de créer une ambiance chaleureuse...
Quarante jours après Noël, le 2 février correspond à la Chandeleur. C'est la purification de Marie et la présentation de Jésus au temple de Jérusalem. Cette célébration a été instaurée à Rome à la fin du VIIe siècle par le pape Serge Ier. Pour commémorer la venue au temple de Marie et son fils, il organise une procession du forum à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Et dans le cadre de cette procession, des chandelles étaient allumées. La chandeleur provient donc de l'expression « festa candelarum » : la fête des chandelles. Le latin candela a donné en français la chandelle, qui s'est effacée devant la bougie d'origine algérienne. Eh bien oui ! Bougie est en effet le nom d'une ville de Kabylie (Algérie), en arabe Bejaïa, qui exportait de la cire d'abeilles vers Gênes (en Italie) où se trouvaient d'importantes fabriques de chandelles. Aujourd'hui, la Chandeleur évoque plutôt les crêpes que les cierges : c'est la fête des crêpes !
Et pour célébrer le premier anniversaire de la rubrique « Objets et histoire » qui tombe aujourd'hui, plutôt qu'un gâteau, on dégustera de bonnes crêpes au chocolat... et on soufflera une bougie en souhaitant à cette rubrique une longue vie !


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef