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France/Clearstream : Villepin relaxé, un revers pour Sarkozy

Le président français Nicolas Sarkozy a subi jeudi une défaite personnelle avec la relaxe par le tribunal de Paris de son grand rival à droite, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, au procès Clearstream, une vaste affaire de machination politique.

Ce jugement permet de relancer les ambitions politiques nationales de Dominique de Villepin, après un procès qui avait tourné au duel à distance entre les deux hommes.

Nicolas Sarkozy s'était constitué partie civile, son avocat siégeant au banc des victimes pendant le procès qui s'est déroulé du 21 septembre au 23 octobre.

"Je n'ai aucune rancoeur, aucune rancune (...). C'est vers l'avenir que je veux me tourner pour servir les Français et contribuer dans un esprit de rassemblement au redressement de la France", a déclaré Dominique de Villepin, 56 ans, entouré d'une nuée de journalistes.

Une heure plus tard, Nicolas Sarkozy réagissait dans un communiqué: "Le tribunal a considéré que le rôle de M. Dominique de Villepin dans la manipulation ne pouvait être prouvé. J'en prends acte", a-t-il déclaré, précisant qu'il ne ferait pas appel.

L'ancien Premier ministre (2005-07), l'une des cinq personnes inculpées dans cette affaire, était soupçonné d'avoir participé en 2004 à une manipulation pour discréditer Nicolas Sarkozy, alors ministre et son rival à droite dans la course à la présidentielle de 2007.

Des listings bancaires provenant de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream avaient été falsifiés et transmis à la justice pour faire croire que certaines personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes et avaient perçu des pots-de-vins dans une vente d'armements.

L'avocat du président avait prêté à M. de Villepin le rôle d'instigateur de cette machination.

Le parquet ne l'avait quant à lui estimé coupable que d'avoir fermé les yeux alors qu'il savait que les listings étaient faux. Il avait requis contre l'ancien Premier ministre 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende.

Mais le procès n'a pas permis de faire émerger une indiscutable vérité dans ce nébuleux dossier et jeudi, le tribunal a jugé qu'il n'était pas démontré que Dominique de Villepin "ait eu connaissance de la fausseté des listings".

A l'audience et hors du prétoire, l'ex-Premier ministre avait soutenu qu'"à aucun moment", il n'avait participé à cette machination et n'avait cessé de dénoncer un procès politique.

"Je suis ici par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy (...). J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français", avait-il déclaré le premier jour d'audience.

Le comportement inédit du président avait aussi marqué les esprits. Dénoncé par certains comme "une hyper partie civile", Nicolas Sarkozy s'était laissé aller, lors d'une intervention télévisée, à qualifier les prévenus de "coupables" avant même que le tribunal ait tranché.

Assurant attendre le jugement avec "sérénité", Dominique de Villepin ne cachait plus ces derniers mois ses ambitions présidentielles pour l'élection de 2012. "Quoi qu'il arrive, je continue", disait-il.

Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité est au plus bas et dont l'action est ternie ces derniers mois par une série de polémiques, devra désormais compter avec un opposant galvanisé.

Egalement jugés dans cette affaire, l'ancien numéro trois du groupe aéronautique EADS considéré comme le "cerveau" de l'affaire, Jean-Louis Gergorin, a été condamné 15 mois de prison ferme et le mathématicien et faussaire présumé des listings, Imad Lahoud, a été condamné à 18 mois ferme.

Le président français Nicolas Sarkozy a subi jeudi une défaite personnelle avec la relaxe par le tribunal de Paris de son grand rival à droite, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, au procès Clearstream, une vaste affaire de machination politique.
Ce jugement permet de relancer les ambitions politiques nationales de Dominique de Villepin, après un procès qui avait tourné au duel à distance entre les deux hommes.
Nicolas Sarkozy s'était constitué partie civile, son avocat siégeant au banc des victimes pendant le procès qui s'est déroulé du 21 septembre au 23 octobre.
"Je n'ai aucune rancoeur, aucune rancune (...). C'est vers l'avenir que je veux me tourner pour servir les Français et contribuer dans un esprit de...