Drapeau en berne, en signe de deuil, sur le bâtiment de la Chambre. Photo Sami Ayad
Une coordination s'est rapidement établie entre les hauts responsables de l'État, notamment avec les forces armées et la Finul, pour organiser au mieux les opérations de secours et faire acte de présence sur les lieux du drame, en particulier à l'aéroport. Une commission d'enquête a été formée par le ministre des TP et des Transports, Ghazi Aridi, en coordination avec une commission d'experts français.
Du Nord au Sud, pas une région qui ait été épargnée par le drame. Mais de toutes les régions du Liban, c'est le Sud qui a payé le tribut le plus lourd à la catastrophe, puisque 40 des 54 passagers libanais en provenaient. La plupart venaient de villages du caza de Tyr, les autres de Bint Jbeil et surtout de Nabatiyeh.
Cette ville s'est rapidement revêtue de drapeaux noirs, à la nouvelle de la catastrophe, après le passage d'une ambulance de la municipalité munie d'un porte-voix, qui a invité la population à suspendre ses travaux et à organiser prières et cercles de deuil. De fait, 15 des 40 victimes originaires du Sud y habitaient. Le député Yassine Jaber a personnellement tenu à présenter ses condoléances aux parents ravagés de douleur de Fouad et Abbas Jaber, tous deux portés disparus.
La région de Batroun s'est figée de douleur pour la disparition de l'un de ses fils, Albert Gergi Assal, qui se dirigeait, par Addis-Abeba, vers son lieu de travail en Angola.
Les administrations et commerces du Koura ont fermé leurs portes et la circulation s'y est faite très fluide à la nouvelle de la présence, à bord de l'appareil disparu, de Tony Élias Zakhem, originaire de Deddé, qui se rendait sur son lieu de travail au Congo. Brillant ingénieur, il y dirigeait un des projets des entreprises Zakhem et regagnait son poste au terme d'un congé prolongé passé au pays à l'occasion des fêtes.
Tripoli s'est également sentie concernée par le drame avec la disparition d'Élias Antonios Rafih, qui regagnait son travail à Addis-Abeba.
C'est Assaad Hardane, l'un des dirigeants du PSNS, qui a personnellement annoncé le décès de l'ancien candidat du parti aux législatives, Farès Rachid Zebiane, originaire de Mazraat el-Chouf.
Le Akkar n'a pas été en reste puisque deux des victimes, Ghassan Katerji, de Tall Abbas, et Farid Saad Moussa, de Menjez, tous deux pères de famille, en proviennent. Deux autres victimes étaient originaires de Baalbeck : Souheil Yaghi, qui se rendait en Angola, et Fouad Mohammad Lakkis.
Quant à la région de Jbeil, elle perd dans la catastrophe Ziyad Naïm Kosseifi, de Blatt, qui avait juré à sa famille que ce voyage à Addis-Abeba, où il travaillait comme ingénieur informatique chez CIS, était le dernier, et qui, pour une fois, n'était pas accompagné de sa femme, enceinte de leur second enfant.

